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Les directeurs financiers sont en train de relancer la machine à investir

Ancrage de l’optimisme. Parmi les indicateurs conjoncturels positifs qui se multiplient, le nombre de créations d’entreprises en octobre occupe une belle place. Ces créations ont bondi de 2,6% en octobre pour s’établir à 51.547, un nouveau plus haut depuis mai 2010, selon l’INSEE. Optimisme que constate Jean-Paul Betbeze sur la base de la dernière enquête du cabinet Deloitte. Il s’agit du baromètre d’opinion des directeurs financiers . « C’est la première fois que l’opinion des directeurs financiers français décolle par rapport aux autres européens », souligne l’économiste. Selon ce baromètre Deloitte, l’optimisme est de retour pour 78% des directeurs financiers interrogés dans la dernière vague, contre 37% lors de la précédente étude datant de mai 2017. L’investissement et l’emploi poursuivent leur avancée.

Levée des interrogations. Selon Jean-Paul Betbeze : « cela fait maintenant un certain temps que la situation s’améliore peu à peu. Demeuraient des interrogations politiques. Ces interrogations sont désormais plus ou moins levées et les décideurs se lâchent, en particulier sur l’investissement ». Les directeurs financiers sont en train de « relancer la machine à investir, avec de la dette bancaire, et semblent ne pas vraiment s’inquiéter d’une possible remontée des taux d’intérêt », insiste le fondateur du cabinet Betbeze Conseil. L’étude de Deloitte montre que les résultats des élections françaises du printemps, et la perspective des ordonnances sur la réforme du Code du Travail, ont levé les incertitudes qui persistaient en début d’année.

Nouveauté importante. D’essence, le directeur financier est quelqu’un de prudent. Dans l’entreprise, c’est « l’acteur qui freine les ardeurs, contrairement aux services marketing ou communication », explique Jean-Paul Betbeze. Aujourd’hui, les enquêtes le prouvent : les directeurs financiers veulent faire de la croissance organique (améliorer les marges, serrer les coûts…), « mais maintenant, aussi, de la croissance externe », souligne l’économiste. Serrer les boulons, certes, mais avec la volonté de se développer et s’étendre avec de la croissance externe. Jean-Paul Betbeze résume en quelques mots l’état d’esprit des directeurs financiers français : « Je vais continuer à être sérieux, mais je vais essayer d’aller plus vite ». C’est la confiance retrouvée. Cette confiance « était inhibée pour des questions politiques, mais on a désormais le sentiment de quelque chose d’acquis en France », conclut, lui-même optimiste, Jean-Paul Betbeze. Les « daf » (directeur des affaires financières) se projettent désormais à deux ans grâce à une meilleure visibilité.

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