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La fiscalité française décourage la création de richesse sur notre territoire

Excessive taxation du travail et du capital en France. « Il faut augmenter la CSG et réduire le nombre de tranches de l’impôt sur le revenu » ! Christian Saint-Etienne ne peut être plus direct. Difficile de faire plus concis. « Il ressort des comparaisons entre pays de l’Union européenne que la France a le taux d’impôt sur la consommation le plus faible d’Europe après la Belgique, alors qu’elle figure dans le trio de tête pour la taxation du travail et du capital. Il est donc essentiel de corriger l’excès de taxation du travail et du capital si nous voulons relancer la production nationale », précise l’économiste. Selon ce dernier, pour « financer une dépense publique restructurée et en augmenter fortement l’efficacité, tout en prenant en compte la compétition fiscale actuelle en Europe, il faut réformer la fiscalité du capital et du ­travail », de manière drastique.

Casser les idées reçues. Christian Saint-Etienne en est convaincu : « S’agissant de réforme de la fiscalité des revenus du travail, la CSG est un bon outil. Cet impôt est proportionnel dans son prélèvement et ultra progressif dans sa réalité politique et sociale (…). On entend souvent les commentateurs dire qu’avec un impôt proportionnel, tout le monde paie pareil. C’est faux ! Avec un impôt au taux proportionnel de 10 %, celui qui gagne 10.000 euros et celui qui gagne 1.000 euros paient respectivement 1.000 et 100 euros d’impôt. Celui qui gagne dix fois plus paie dix fois plus d’impôt. En outre, si un impôt proportionnel finance des dépenses sous ­condition de ressources, alors cet impôt devient progressif du fait de son usage ! », expliquait récemment l’économiste dans une tribune publiée dans le quotidien Les Echos 

Augmenter de la CSG, avec contreparties. En France, selon Christian Saint-Etienne, « si l’on veut simultanément restaurer nos finances publiques tout en consolidant notre protection sociale, on peut envisager d’augmenter la CSG-CRDS de 8 à 9 % en la rendant intégralement déductible du revenu imposable à l’impôt sur le revenu, et en réservant ce point de CSG à l’élimi­nation du déficit de la Sécurité sociale ». Un article de la Constitution interdirait alors tout nouveau déficit de la Sécu. « On peut proposer de ramener l’impôt sur le revenu, après paiement de la CSG nouvelle, à trois tranches effectives (…) », propose l’économiste, pour qui « cette réforme serait juste, en termes d’équivalence de l’imposition du capital et du travail, et efficace, car la fiscalité française, bien que restant supérieure à la moyenne européenne, réduirait son écart de compétitivité avec les autres pays européens. Surtout, elle redeviendrait simple à comprendre et à ­appliquer ». Ces propositions concrètes du Professeur titulaire de la chaire d’Economie au CNAM ne manqueront pas d’alimenter la réflexion du prochain président de la République.

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