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Hausse des taux d’intérêt, casse tête pour le groupe Altice

imagesDégringolade. Altice, propriétaire de Numéricable-SFR, voit son titre chahuté en bourse depuis plusieurs jours. L’action a perdu plus de 9% jeudi 1er octobre et sur les cinq dernières séances la perte atteint 20%. Les marchés sanctionneraient-ils les méthodes du patron Patrick Drahi ? « C’est une alerte dont il faut tenir compte », estime Bertrand JACQUILLAT. Basée sur l’achat par endettement – LBO, Leveraged buy-out –, la stratégie d’investissement de l’homme d’affaires se voit contrariée par la hausse des taux d’intérêt. Patrick Drahi « a un appétit extraordinaire mais le recours au LBO est particulièrement efficace avec une politique monétaire accommodante. Dès que cette politique change, la donne n’est plus la même, ce qui pèse sur les capacités de remboursement », souligne l’économiste.

Le vent tourne. Après SFR, Portugal Telecom, NextRadio et l’américain Suddenlick, Patrick Drahi a jeté son dévolu sur Cablevision, quatrième câblo opérateur aux Etats-Unis, pour près de 18 milliards de dollars. L’investissement de trop pour un groupe déjà endetté aux alentours de 45 milliards d’euros ? Probablement aux yeux des investisseurs. Selon Bertrand JACQUILLAT, « les investisseurs redoutent une remontée des taux d’intérêt et s’interrogent sur la capacité d’Altice de réduire suffisamment ses coûts pour tenir son ratio d’endettement ». En clair : il est temps de marquer une pause dans cette stratégie d’expansion.

Quelle parade ? L’appétit du nouveau propriétaire de SFR ne date pas d’aujourd’hui. Mais comment financer toutes ces acquisitions par endettement dans un contexte de marché changeant ? C’est le cœur du problème. « Les taux d’intérêts sont en train de remonter et le dossier Cablevision arrive en plein dans ce contexte. Il fait les frais de taux qui vont continuer d’augmenter, comme l’a laissé entendre la présidente de la Fed, Janet Yellen », souligne Bertrand JACQUILLAT. Selon l’économiste, « l’augmentation de capital lancée par Altice après le coup de semonce des marchés prouve les difficultés du groupe à trouver de l’argent désormais facilement ».
Faire le dos rond et attendre la fin de la tempête semble être la meilleure solution. Mais pour combien de temps ?

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