30 universitaires et une conviction : l'importance d'un débat ouvert et accessible

Innovation : élargir les horizons du possible

InnovationPrise de conscience. La France vient de lancer un « concours mondial d’innovation ». L’objectif est d’attirer des projets technologiques particulièrement novateurs pour donner naissance à des entreprises en France. Concours ouvert à tous types d’acteurs, français et étrangers, PME, grands groupes et chercheurs. Les projets devront concerner 7 domaines : stockage de l’énergie, valorisation des richesses marines, chimie du végétale, médecine individualisée ou encore la silver économie (l’économie des seniors). Selon Jean-Hervé LORENZI, cette initiative est très importante mais pas suffisante. Il convient d’aller plus loin. « En fait-on assez pour l’innovation ? Non. Tout est dans le discours politique. Depuis deux siècles, les économies occidentales fonctionnent sur la base de l’innovation. Mais, aujourd’hui, les objectifs ne sont pas atteints  », insiste le Président du Cercle des économistes. Ecoutez Jean-Hervé Lorenzi sur ce sujet

Dépasser la communication. L’ambition affichée par ce Concours mondial d’innovation est telle qu’il lui faudra être suivie d’effets. Ailleurs, ce type de concours fonctionne depuis longtemps. Dans les années 60, aux Etats-Unis cela a donné naissance à l’Arpanet, l’ancêtre d’internet. Plus tard, en 2000, ce fut la voiture sans chauffeur qui a donné la Google car dont on parle beaucoup aujourd’hui. « Il faut mettre l’accent sur les toutes petites entreprises génératrices d’idées et créatrices de valeurs. La France possède des pépites mais il faut les aider  », plaide Jean-Hervé LORENZI. Et l’économiste de rappeler que « nous nous étions fixés un objectif de financement de l’innovation de 3% du PIB, or nous en sommes à peine aujourd’hui à 2%  ».

Propositions. On peut penser à la création d’un vrai statut d’entreprise innovante qui n’existe pas encore en France. Les petites entreprises manquent cruellement de fonds propres et de moyens pour se développer. On sait que les petites structures qui bénéficient de fonds propres issus du capital risque affichent une croissance supérieure aux autres. Jean-Hervé LORENZI propose plusieurs pistes de réflexion et d’actions : « développer les fonds d’amorçage tel que celui existant, doté de 600 millions d’euros, géré par la BPI ; généraliser le système d’auto entrepreneur et simplifier plus encore les démarches administratives ; à côté de l’argent public, aller chercher de l’argent dans le secteur privé via les business angels dont le statut offre des avantages fiscaux  ». Et pourquoi ne pas s’inspirer du modèle en vigueur aux Etats-Unis qui impose aux collectivités locales et aux agences publiques de consacrer 2% de leurs dépenses annuelles au financement des TPE innovantes ? Les idées ne manquent pas. Le contraire serait un comble pour un concours d’innovation.

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