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L’offensive au Mali n’est pas une guerre pour l’énergie

MaliReconquête. Le ministre de la défense Jean-Yves Le Drian confirme que l’objectif de la France est bien la reconquête totale du Mali. Pour l’instant isolé sur le plan militaire, Paris devrait recevoir rapidement un soutien logistique de la communauté internationale en général, et de l’Europe en particulier. Pour Jean-Marie CHEVALIER, « même si le sous-sol malien recèle de l’uranium, nous ne vivons pas actuellement une guerre pour l’énergie ». Pourtant, les ressources ne manquent pas dans la région, notamment au Niger voisin. « Avec 4500 tonnes d’uranium produites par an, le Niger se classe juste après le Kazakhstan et l’Australie  », précise l’économiste spécialiste des questions énergétiques.

Stabilisation. Ce mois de janvier 2013 restera marqué comme celui de l’épreuve du pouvoir pour François Hollande. Selon Jean-Marie CHEVALIER, « l’intervention de la France au Mali est de participer à la stabilisation de l’ensemble de la région  ». Région, qui plus est, promise à un rapide développement économique. Quant aux répercutions possibles du conflit sur l’approvisionnement de l’Europe en gaz, notamment depuis l’Algérie, l’économiste Professeur à Paris-Dauphine ne voit pas de menace immédiate. Aux yeux de Jean-Marie CHEVALIER, la destabilisation du pays est plus inquiétante. « 90% des ressources de l’Algérie en devises étrangères proviennent de ses exportations de gaz et du pétrole  », insiste-t-il. L’Algérie est aujourd’hui le cinquième exportateur mondial de gaz (environ 20% du gaz consommé en Europe).

Consolidation. Gaz, pétrole, uranium… l’Afrique subsaharienne représente une croissance économique annuelle potentielle de 5 à 7% et son taux de natalité devrait y dépasser celle de la Chine au cours des trois prochaines décennies. Cette région mérite donc plus que jamais l’attention des occidentaux. Enfin, Jean-Marie CHEVALIER s’inquiète de la violence avec laquelle le site d’In Amenas a été attaqué. « Jamais, ces dix dernières années, les terroristes et fondamentalistes s’en étaient pris avec autant de violence à un site industriel de ce genre  », déplore-t-il. Signe des temps, signe dangereux à surveiller comme le lait sur le feu pour éviter l’embrasement de la région.

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