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Marché du travail : l’urgence des ordonnances

Un nouvel équilibre entre sécurité et flexibilité du marché du travail doit être trouvé pour réduire le chômage. Le temps presse et les ordonnances sont un sont un bon moyen pour sonner une mobilisation collective pour l’emploi.

Il y a urgence à agir car le chômage est à un niveau inacceptable et c’est le moment de donner plus de visibilité et de confiance aux acteurs économiques pour qu’ils osent investir dans l’avenir : les entrepreneurs pour qu’ils multiplient les projets, les actifs pour qu’ils investissent dans leur propre employabilité.

Il y a urgence et les ordonnances sont un bon moyen pour sonner une mobilisation collective pour l’emploi. Cela n’est pas contradictoire avec une phase de concertation raisonnable entre les partenaires sociaux. Ni d’ailleurs avec le rôle du Parlement, qui votera une loi d’habilitation délimitant au préalable le territoire desdites ordonnances et devra les ratifier ensuite. Ne nous créons donc pas de faux problèmes sur le principe des ordonnances elles-mêmes !

Et puis, il y a cette absolue nécessité de respecter un séquencement organisé puisque, à côté des ordonnances et avec l’emploi en ligne de mire, il faudra très vite investir plus dans la formation professionnelle et revoir notre système d’assurance-chômage. Les ordonnances doivent être le point de départ d’une action bien plus vaste.

Lisibilité, stabilité et innovation

Chacun le sait bien, et cela depuis des années, un nouvel équilibre entre sécurité et flexibilité sur le marché du travail doit être trouvé. Le premier objectif, c’est évidemment de fournir de la visibilité aux entrepreneurs par une vraie stabilité des règles.

 Le second, c’est de limiter autant que possible le recours aux contrats de travail à durée trop courte parce que leurs effets sur les hommes et les femmes concernés sont profondément déstabilisants. Le troisième, c’est d’innover pour que chaque entreprise puisse s’organiser et saisir au mieux les nouvelles opportunités des changements technologiques liés au numérique ou à la transition énergétique.

Ainsi une réforme des prud’hommes qui réduise les délais et favorise les conciliations sera-t-elle favorable à tous. De la même manière, le passage à une unique représentation du personnel serait une véritable simplification logique qui renforcerait le comité d’entreprise, comme les organisations syndicales.

Enfin, le choix de donner la main aux accords d’entreprises majoritaires, déjà inscrits dans la loi de 2000 sur les 35 heures à propos du forfait en jours, puis dans la « loi El Khomri », permettrait de trouver par le dialogue social dans l’entreprise des solutions d’organisation du travail performantes et respectueuses des hommes.

Vers une « société de la seconde chance »

Mais, comme on l’a évoqué, le démarrage du processus par des ordonnances ne peut se faire dans de bonnes conditions que si chaque partie voit dans les étapes suivantes des signes positifs, en particulier l’investissement dans la formation pour lequel la nouvelle équipe s’est engagée pour un plan à hauteur de 15 milliards d’euros.

Cet investissement est peut-être le point le plus important de la nouvelle politique économique et, pour cela, il faut évidemment une gouvernance très efficace ; pourquoi ne pas imaginer un haut-commissariat à l’investissement, à la fois matériel et immatériel ? En réalité, tout cela nécessite beaucoup d’organisation, mais aussi de décentralisation et de liens avec les bassins d’emploi et les régions, les véritables lieux où l’on peut réactiver le marché du travail.

lancé, on peut vraiment espérer une baisse sensible du chômage, en apportant des compétences aux entreprises qui ont aujourd’hui du mal à recruter, malgré le chômage.

D’une certaine manière, on pourrait appeler cela la mise en oeuvre de la « société de la seconde chance », celle qui donne la possibilité aux jeunes décrocheurs de se réinsérer dans le monde du travail et aux chômeurs d’accroître leur qualification, c’est-à-dire leur employabilité, et à ceux qui souhaitent évoluer ou même changer de métier d’envisager une vraie seconde carrière, en un mot de rebondir. Un beau projet.

 

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