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Trump et les marchés : après l’amour, le désamour?

Les promesses de Donald Trump en matière de politique économique justifient-elles les records enregistrés par Wall Street depuis son élection ? Visiblement non, si l’on en croît  la récente orientation à la baisse des valeurs américaines. Christian Saint-Etienne analyse le changement d’attitude des investisseurs.

Il y a bien eu un effet positif initial de l’élection de Donald Trump sur les marchés financiers. Le « bull market », qui dure depuis mars 2009, accélérait encore le rythme au début de cette année. Jusqu’à ce qu’il apparaisse, à partir du 21 mars 2017, que Trump aurait beaucoup plus de mal que prévu pour remplacer l’Obama Care par un Trump Care, que la majorité du Congrès pourrait effectivement voter. De nombreux Républicains ne peuvent accepter de voir plusieurs millions d’Américains perdre leur couverture santé.

Dans ce contexte nouveau, la perspective d’une incapacité de Trump de faire passer complètement son projet de réforme fiscale, avec une forte baisse annoncée du taux d’impôt sur les sociétés, et son programme de relance par un investissement massif dans les infrastructures, est de nature à décevoir les attentes des marchés. Certes, Trump obtiendra une partie de ce qu’il demande, mais on pourrait être loin de ses annonces tonitruantes de début de mandat, il n’y a que quelques semaines !

Le dollar lui-même s’affaiblit alors que la remontée des taux par la Réserve fédérale devrait le conforter.

En dépit de cette déception partielle des attentes des marchés vis-à-vis des annonces de Donald Trump, il est un autre élément positif qui devrait conforter leurs espoirs de reprise mondiale. En effet, pour la première fois depuis la crise de 2008, tous les moteurs de la croissance mondiale sont allumés, avec des perspectives positives en Europe, en Asie et en Amérique latine. Cette conjonction favorable devrait favoriser les exportations américaines et la continuation de la hausse de l’emploi aux Etats-Unis. Trump n’hésitera pas à se prévaloir de ces évolutions positives auxquelles il est étranger.

Au total, les annonces de Trump sur une relance par une hausse des investissements publics et une baisse des impôts tombent partiellement à plat au moment précis où la croissance mondiale accélère d’elle-même. La perspective que l’actuel président des Etats-Unis ne puisse pas réaliser complétement un programme économique qui avait été très bien reçu par les marchés financiers ne devrait donc pas produire un effet trop dépressif sur ces mêmes marchés.

Mais Trump n’aura pas forcément autant de chance en 2018-2019 si le cycle mondial s’affaiblissait. « Le Donald » a vraisemblablement déjà mangé son pain blanc.

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