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Vers une remontée des taux d’intérêt à long terme en zone euro ?

image siteOptimisme de la BCE. Jeudi 2 juin 2016, la Banque centrale européenne a révisé à la hausse ses prévisions de croissance et d’inflation pour la zone euro cette année. Prenant acte d’un léger éclaircissement de l’environnement macro-économique, le président de la BCE, Mario Draghi, attend pour 2016 une croissance du PIB de 1,6% et une inflation de 0,2%. Pour 2017, le pronostic de croissance reste inchangé à 1,7%. Si la Banque centrale européenne s’attend à ce que « la reprise économique continue (en zone euro), à un rythme modéré mais régulier », Patrick ARTUS estime que « certaines évolutions peuvent légitimement faire craindre une remontée des taux d’intérêt à long terme », dans ladite zone.

Facteurs extérieurs. Selon Patrick ARTUS, ce possible regain de tension sur les taux ne serait pas dû à des facteurs propres à l’Europe. Il serait plutôt la conséquence directe de « la remontée du prix du pétrole – avec la forte progression de la demande mondiale et le recul de la production –, et du début de normalisation de la politique monétaire aux Etats-Unis, avec le supplément de croissance » réalisé en partie grâce au redressement du secteur de l’énergie. Mais, poursuit l’économiste, « tant que la BCE continue le Quantitative Easing – et elle doit le faire pour éviter la divergence des taux entre les pays de la zone euro – elle contrôle en réalité toute la courbe des taux ». Le pire n’est donc pas certain.

Conséquences fâcheuses. « La remontée des taux d’intérêt à long terme de la zone euro serait très dangereuse, progressivement pour les emprunteurs, mais immédiatement pour les détenteurs de portefeuilles d’obligations », estime le directeur de la recherche et des études de Natixis. Patrick ARTUS voit également le risque d’ « une divergence, à nouveau, des taux entre les pays en raison de la disparition de la mobilité des capitaux après la crise de 2008-2009 ». Le fait que les excédents extérieurs de l’Allemagne et des Pays-Bas ne soient plus en phase avec les déficits extérieurs des autres pays en serait l’un des signes.

Répit monétaire. Fort de tous ces arguments, « même s’il y a hausse du prix du pétrole et début de normalisation de la politique monétaire des Etats-Unis, je ne pense pas qu’il puisse y avoir, tant que la BCE est contrainte de poursuivre le Quantitative Easing (NDLR : 80 milliards d’euros en avril 2016), une hausse visible des taux intérêt à long terme de la zone euro », conclut Patrick ARTUS.

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