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À quoi servent les économistes ?

A quoi servent les économistesQuelle place, quelles nouvelles régulations pour le système bancaire dans l’économie d’après-crise ?

Répondre à ces questions implique de faire le point sur le rôle qu’ont joué les banques et la finance au sens large ces dernières années. On trouvera donc dans ce Cahier une analyse approfondie des nombreuses défaillances qui ont engendré une crise systémique de liquidité et de confiance, puis une crise économique mondiale qui n’est pas comparable à celles qui l’ont précédée.

Les défis auxquels sont confrontés aujourd’hui les banques, les assurances et les marchés financiers posent des questions plus difficiles et plus controversées. Un consensus se dégage cependant autour de quelques principes : nécessité pour les banques de réapprendre leur métier de base qui consiste à transformer des ressources à court terme en emplois à long terme ; mieux évaluer les risques sans aggraver les difficultés des entreprises les plus fragiles ; introduire de nouvelles réglementations sans tomber dans la surrégulation ; mieux maîtriser, dans la perspective ouverte par le G20, les sources d’instabilité financière au niveau mondial.

À quoi servent les économistes ? Les griefs à leur encontre sont nombreux. Ils se sont plus spécialisés dans les domaines où ils peuvent tester leurs théories que dans ceux utiles à la politique économique. Ils ont trop compté sur l’autorégulation des marchés et sur l’innovation financière tout en étant complaisants à l’égard des milieux financiers auxquels ils ont apporté une légitimité académique. Ce cahier fait le point sur ces défaillances et apporte des réponses à ces critiques. Il rappelle, par exemple, que plusieurs économistes avaient publié des mises en garde dès 2005 sans être écoutés que leurs contributions récentes ont sans doute évité que la récession 2008-2009 tourne à la Grande Dépression. Il montre aussi que les économies contemporaines sont devenues plus complexes et peuvent passer d’un équilibre à un autre par simple modification des anticipations. Et donc que la science économique doit progresser pour se mettre à la hauteur de cette nouvelle complexité.

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