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Affaire Volkswagen : le couple franco-allemand ébranlé ?

f108b42367d6fbc75da6925dc033c55b-627x418L’affaire de tricherie au logiciel chez Volkswagen ne fait que commencer. Les conséquences seront nombreuses, tant sur le plan industriel que politique. Selon Christian Stoffaës, le couple franco-allemand devra avancer main dans la main pour surmonter l’épreuve.

Même si le VW-gate paraît bien éloigné de la relation franco-allemande, il y a des conséquences à prévoir.

D’abord sur l’image de marque, si essentielle dans la compétition commerciale sans merci que se livrent les constructeurs. Le slogan Deutsche Qualität a pris un coup : les Allemands ne sont-ils donc pas si fiables qu’ils le clament ? La belle organisation de la communication collective de l’industrie automobile a su parer aux tentations de Schadenfreude (joie malsaine) de la part des rivaux. Mais comment imaginer qu’une expansion aussi spectaculaire que celle de la firme de Wolfsburg – désormais hissée au premier rang mondial – n’ait pas suscité des jalousies latentes?

Au delà du seul secteur phare concerné, le dommage collatéral rejaillit sur l’ensemble de l’industrie allemande qui a construit sur la relation de confiance avec ses clients sa puissance exportatrice, insensible au taux de change. S’il y a moins de compétitivité hors-prix, les débats macro-économiques en Europe avec les cancres en seront adoucis. Rééquilibrage analogue pour le leadership de la nouvelle économie verte à laquelle prétendent nos voisins. Exemple : leur avance colossale dans les énergies renouvelables, le  discrédit jeté sur nos centrales nucléaires (s’ils arrêtent les leurs, c’est  qu’ils ont de bonnes raisons…?). Donc les Français peuvent reprendre un peu de confiance face à leurs complexes devant l’insolente réussite allemande, même s’il faut se garder de la tentation du bonheur des uns construit sur le malheur des donneurs de leçons.

D’autant qu’il faudra faire face, ensemble, aux bouleversements engendrés sur l’industrie automobile qui est, dans les deux pays, la principale branche industrielle. L’automobile, déjà sous surveillance depuis le père-fondateur Ralph Nader, va l’être encore davantage avec le renforcement des normes, mais surtout des contrôles. Le diesel est déjà sur la sellette pour ses émissions d’oxyde d’azote et de particules fines. Le paradoxe est que c’est sur le marché américain qu’a sonné l’hallali de la chasse au carburant nocif alors qu’il n’est que faiblement dieselisé (3%) – ce qui pose des questions sur la pertinence stratégique d’avoir encouru un tel risque de tricherie pour un enjeu aussi minime.

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