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Areva EDF, la nouvelle aventure industrielle

Clarification. La décision de l’Etat de placer sous l’égide d’EDF une grande partie de l’activité réacteurs nucléaires d’Areva n’est qu’une première étape du sauvetage du groupe. Cette option permet-elle de donner une stabilité et une pérennité à la filière nucléaire française comme l’affirme le gouvernement ? Selon l’économiste Patrice GEOFFRON : « nous sommes au début d’un processus très long car les conditions d’entrée d’EDF vont faire l’objet de négociations sur la proportion du capital et surtout sa valorisation, car l’opérateur électrique est lui-même dans une situation assez tendue ». Nous entrons donc clairement dans une franche négociation entre Edf et l’Etat son principal actionnaire.

Peut mieux faire ? Que recouvre l’activité réacteurs d’Areva cédée à EDF ? Que deviendront les autres entités du futur groupe nucléaire ? Les contours du nouvel Areva recentré sur le combustible ne sont pas encore clairement tracés. Quant à la branche réacteurs, EDF fera-t-elle mieux qu’Areva ? « Ce n’est pas Areva qui s’est raté mais, grosso-modo, l’Etat actionnaire avec une très grande difficulté à coordonner les deux acteurs ces dernières années et faire émerger ce qui fut appelé un temps l’ ‘’équipe de France’’ du nucléaire », estime Patrice GEOFFRON. « C’est une manière d’aller plus loin en faisant de la gestion de crise dans un environnement très compliqué », ajoute le directeur du Centre de Recherches sur la Géopolitique de l’Energie et des Matières premières.

L’Etat a-t-il sifflé la fin de la partie ? A cette question, Patrice GEOFFRON répond par la négative. Selon lui, «  c’est plutôt le marché et un certain nombre d’évidences quant aux risques financiers portés par Areva » qui ont fait réagir le gouvernement. « Cela va faire l’objet de négociations ultérieures car le problème n’est pas de savoir le nombre de milliards d’euros qui va être apporté par EDF mais de qui portera in fine les conséquences financières de ce qui se passe avec l’EPR finlandais  », conclue l’économiste. L’EPR historique qui fait l’objet d’un contentieux dans ce pays aura en effet des conséquences très lourdes sur la suite du dossier.

Le 5 juin 2015

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