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Assiste-t-on à une reprise de l’économie française?

07dd11dd87c54f128e2f1bb82d164212-627x417Croissance, consommation, investissement, emploi…  Le mois d’avril s’est terminé sur l’annonce d’indicateurs conjoncturels positifs pour la France. Selon Christian Saint-Etienne, il ne faut pas prendre ces informations pour argent comptant.

L’INSEE a publié vendredi 29 avril une estimation de la croissance au premier trimestre 2016 selon laquelle le PIB, en volume, a augmenté de 0,5% après + 0,3% au quatrième trimestre 2015. Les dépenses des ménages augmentent fortement après le gel lié aux attentats de novembre de la même année. La formation brute de capital fixe (l’investissement) reste dynamique mais les exportations se replient légèrement. Au total, le commerce extérieur a une contribution négative à la croissance de 0,2 point de PIB après – 0,4 point de PIB au trimestre précédent.

La production manufacturière ralentit dans quasiment toutes ses branches, ce qui montre que le redressement de notre compétitivité est lent est partiel. C’est d’autant plus inquiétant que le prix du pétrole et l’euro sont bas. Nous continuons de souffrir de ce que notre industrie, notamment automobile, est concentrée dans les productions de moyenne gamme. Le taux de marge des sociétés non financières continue de s’améliorer même s’il reste significativement inférieur à ce qu’il est chez nos grands compétiteurs.

Cette minuscule reprise intervient après quatre années catastrophiques (0,5% de croissance annuelle moyenne, soit moins du tiers de la croissance nécessaire pour réduire le chômage) et avec un niveau de chômage très élevé. La France reste en arrière de la reprise européenne et l’essentiel des créations nettes d’emplois depuis deux ans sont concentrées dans le secteur public (80%) contre 80% de créations d’emplois dans le secteur marchand en Allemagne, en Espagne et au Royaume-Uni.

Que faudrait-il faire pour accélérer cette reprise ? Nous devons d’abord procéder à une réforme de la fiscalité du capital, alors que la révolution numérique en cours est hyper-industrielle et hyper-capitalistique sous l’effet de la robotisation et de la numérisation des systèmes de production et de distribution.

Nous devons, parallèlement, mettre en œuvre les réformes structurelles qui permettront de fluidifier le marché du travail et de réduire les dépenses des régimes de retraite et des collectivités locales. La France continue d’avoir un niveau de dépense publique extravagant par rapport aux résultats atteints en termes d’éducation (baisse dans le classement PISA), de niveau de chômage, de développement économique, etc. Notre dépense publique atteint 57% du PIB, soit 9 points de PIB de plus que la moyenne des autres pays de la zone euro, alors que nos performances globales restent décevantes. De ce point de vue, le fait que la réforme du marché du travail soit mal engagée est un élément de nature à freiner la reprise.

Enfin, il faut redonner de la visibilité sur le plan politique en accélérant la réforme de nos institutions pour tenir compte du phénomène de métropolisation de la croissance et pour favoriser le renouveau de notre appareil de production.

 

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