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Audiovisuel public : quand les taxes remplacent la pub

imagesTradition fiscale. Le gouvernement a tranché et la ministre de la Culture, Fleur Pellerin, l’a annoncé dans les colonnes du Journal Du Dimanche le 13 septembre dernier : la publicité ne reviendra pas sur les chaînes de télévision publiques après 20 heures. Le financement de l’audiovisuel public au sens large passera donc par une hausse – un euro annuel – de la redevance, et une augmentation de la taxe pesant sur les Fournisseurs d’Accès à Internet (les FAI), autrement dit les principaux opérateurs téléphoniques français. Pour Dominique ROUX, cette décision rappelle des temps anciens. Avec pour même objectif, « au début des années 80, le gouvernement de Laurent Fabius avait décidé d’augmenter de 8 centimes le prix des communications téléphoniques », rappelle l’économiste.

 

Mauvais choix. Après l’augmentation de 0.3% au 1er janvier 2016, la taxe existante passera à 1,2%, portant à 80 millions d’euros le poids supplémentaire que les opérateurs téléphoniques devront supporter en année pleine. « Ce n’est pas avec cela que l’on va regonfler les caisses des chaînes publiques », estime Dominique ROUX. Un impact limité, donc, avec, de plus, un impact collatéral : cette hausse devrait se répercuter sur la facture du consommateur. « Free a cassé le prix des forfaits lors de son arrivée sur le marché. Si hausse il devait y avoir, elle serait donc moins douloureuse », selon l’économiste. Reste que cette hausse menace bel et bien.

 

Solution alternative. Pour Dominique ROUX, augmenter la fiscalité des opérateurs téléphoniques relève d’un mauvais choix stratégique. « J’aurais plutôt taxé ceux qui ne paient rien », insiste l’économiste spécialiste des télécoms. Dominique ROUX regrette en effet que le gouvernement s’en prenne prioritairement aux acteurs français qui favorisent le développement d’internet et non les utilisateurs internationaux, les fameux GAFA (Google, Amazon, Facebook, Apple) qui utilisent généralement les tuyaux mis à leur disposition quasiment gratuitement par les opérateurs téléphoniques, sans payer leur dû, et en échappant le plus souvent aux contraintes fiscales. Etrange logique de la part du gouvernement.

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