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Brexit : pourquoi l’hypothèse d’un « no deal » reste forte

Le projet d’accord sur le Brexit a peu de chance d’être voté par le Parlement tant les divisions sont fortes et le sujet de la frontière irlandaise fait débat.

Après des mois de négociation tendue,  un projet d’accord sur la sortie du Royaume-Uni de l’UE a enfin été endossé par la Première ministre britannique. Cette nouvelle a provoqué un certain soulagement, vite refroidi par  la démission du ministre chargé du dossier, Dominic Raab.

Jusqu’au dernier moment, cette négociation rocambolesque aura donc opposé l’unité des Vingt-Sept autour d’un mandat de négociation connu dès le départ et l’impression d’un chaos politique insurmontable outre-Manche. Et il est encore trop tôt pour exclure le risque d’un « no deal ».

Frontière irlandaise

Depuis le référendum, Theresa May a constamment cherché à préserver l’unité d’une majorité fragile. Les négociateurs européens ont rapidement fait savoir que leur conjugaison écartait tout espoir de compromis. Poursuivant une chimère, Theresa May a néanmoins, sans succès, multiplié les propositions n’ayant aucune chance d’aboutir et cherché à contourner Michel Barnier en en appelant directement, à plusieurs reprises, aux chefs d’Etat et de gouvernement. Humiliée au sommet de Salzbourg, la Première ministre dut finalement se rendre à l’évidence : elle devait bouger sur la question irlandaise, politiquement la plus sensible.

La Grande-Bretagne, signataire de l’accord dit « du Vendredi saint », qui a mis fin aux violences en Irlande du Nord, doit en effet respecter son engagement solennel de ne pas réintroduire de frontière physique entre le Nord et la République d’Irlande. Le Nord, par conséquent, devait rester inclus dans l’union douanière et le marché unique, et la Commission avait proposé d’introduire une frontière douanière en mer d’Irlande, ce à quoi le DUP, parti unioniste du Nord, s’est, depuis, constamment opposé.

Le gouvernement britannique ayant proposé de donner la garantie demandée en incluant l’ensemble du Royaume-Uni dans une union douanière avec l’UE, les négociateurs européens ont accepté, mais avec des précautions, un compromis. Habile broderie diplomatique qui soulève un tollé de protestations à Westminster.

La Grande-Bretagne, signataire de l’accord dit « du Vendredi saint », qui a mis fin aux violences en Irlande du Nord, doit en effet respecter son engagement solennel de ne pas réintroduire de frontière physique entre le Nord et la République d’Irlande. Le Nord, par conséquent, devait rester inclus dans l’union douanière et le marché unique, et la Commission avait proposé d’introduire une frontière douanière en mer d’Irlande, ce à quoi le DUP, parti unioniste du Nord, s’est, depuis, constamment opposé.

Le gouvernement britannique ayant proposé de donner la garantie demandée en incluant l’ensemble du Royaume-Uni dans une union douanière avec l’UE, les négociateurs européens ont accepté, mais avec des précautions, un compromis. Habile broderie diplomatique qui soulève un tollé de protestations à Westminster.

Celle-ci pourrait donc débattre avec ses homologues du projet d’accord au sommet européen du 25 novembre prochain. Bruxelles a toutefois prévenu qu’aucun pas supplémentaire n’était envisageable. Que se passera-t-il alors avec la présentation de ce texte au Parlement ?

L’arithmétique est simple : la majorité de Theresa May repose sur les élus conservateurs plus 10 députés du DUP. Ces derniers ont annoncé vouloir voter contre puisque subsiste une différence de traitement entre l’Irlande du Nord (qui devrait respecter les termes du marché unique) et le reste de la Grande-Bretagne.

224 pour, 415 contre

Au sein du Parti conservateur, les Brexiters les plus durs voteront évidemment contre mais se joindront à eux des modérés qui récusent l’adhésion à une union douanière dès lors que la Grande-Bretagne n’aurait pas le pouvoir d’en sortir sans l’accord de l’UE. A cela s’ajouterait le vote négatif des députés du Parti national écossais, qui protestent au contraire contre le fait que l’Irlande du Nord seule aurait le « privilège » de rester dans le marché unique !

Quant aux gros bataillons du Labour, ils sont aussi divisés que leurs homologues conservateurs ; mais la direction du parti a une stratégie claire : provoquer des élections générales, avec l’espoir de revenir à Downing Street. Le quotidien « The Guardian » offre un calculateur pour simuler le vote et sa conclusion est sans appel : pour l’adoption du texte, 224, contre 415 ! Bonne chance Madame la Première ministre.

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