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Ces réformes structurelles qui tardent à venir

En visite à Berlin, Manuel Valls déclare : "Je veux dire aux Allemands : les réformes, nous allons les faire"

En septembre 2014, Manuel Valls déclare à Berlin : « Je veux dire aux Allemands : les réformes, nous allons les faire »

Exercice réussi, mais… Entre un discours de politique générale et une conférence de presse, le Premier ministre et le président de la République ont franchi pratiquement sans aucune difficulté une lourde semaine politique. François Hollande a promis de mener jusqu’au bout sa mission ‘’pas facile’’, dans l’espoir que la politique menée donnera des résultats concrets d’ici 2017. Mais les enjeux sont ailleurs : dans les réformes structurelles qui tardent à venir. Les paroles remplacent l’action et les échéances, notamment les objectifs budgétaires, sont sans cesse repoussées. Selon Christian SAINT-ETIENNE, « le gouvernement a tort de dépasser la barre des 4%. Il faudrait impérativement se maintenir à 4% de déficits en 2014/2015 compte tenu de la faiblesse de la croissance. Mais la contrepartie devrait être des mesures structurelles très fortes ».

Pistes possibles. A quels pans du mur s’attaquer ? Christian SAINT-ETIENNE voit essentiellement deux réformes significatives à moyen terme. « La première est une vraie réforme des retraites, installée dans le temps pour éviter que l’on recommence tous les huit jours  », déclare l’économiste qui précise : « il est économiquement avéré que, pour équilibrer les régimes de retraites, il faut porter l’âge de départ à la retraite à 64 ans avec une durée de cotisation de 44 ans. Il faut faire évoluer le système vers ces objectifs d’ici 2024 ».

Agir aussi au niveau du bloc communal. Les territoires représentent une autre occasion de réformer profondément la dépense publique. Christian SAINT-ETIENNE en est convaincu : « il faut que le bloc communal, qui emploie environ 800.000 fonctionnaires, ne remplace qu’une personne sur deux partant à la retraite, pendant cinq ans au moins. Mais cela n’est pas possible dans le système institutionnel actuel. Cela fait quinze ans que l’on poursuit une politique d’intercommunalité coûteuse ». Et l’économiste d’ajouter que si nous ne faisons pas ces réformes par manque de courage politique, c’est Bruxelles qui le fera à notre place. « On se rapproche, non pas d’un moment grec, mais d’un moment italien quand Mario Monti avait dû prendre le pouvoir et réformer sérieusement une économie à la dérive », conclut Christian SAINT-ETIENNE, loin d’être convaincu par l’évolution de la politique économique gouvernementale.

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