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Chômage, travail, redistribution

syndicatsTendance. Le chômage a donc baissé en janvier 2015. Amélioration chez les jeunes grâce, notamment, aux emplois d’avenir dans les secteurs publics et associatifs, mais aggravation chez les plus âgés… quoi qu’il en soit, le nombre de demandeurs d’emplois continue de progresser sur l’année. En matière de travail et d’emplois, Pierre Cahuc estime qu’il serait temps, pour la France, de réfléchir à un système plus redistributif. Les CDI (Contrat à durée indéterminée) dominent le marché du travail aux côtés des CDD (Contrat à durée déterminée) en progression constante. « Le phénomène date du début des années 2000. Aux côtés des CDI, les CDD occupent une part de plus en plus importante dans certains secteurs comme la restauration, le tourisme, l’enseignement, l’audiovisuel, le déménagement, etc… Et l’opinion ignore souvent que ces contrats peuvent y être légalement renouvelés sans contrainte », précise l’économiste.

Poids des syndicats. Les partenaires sociaux jouent-ils pleinement leur rôle pour tenter de rééquilibrer la balance ? Pas suffisamment aux yeux de Pierre CAHUC : « Les syndicats sont arc-boutés sur la défense des CDI. C’est leur priorité. Certes, ils sont sensibles au thème de la précarité mais leur obsession, c’est d’éviter toute modification, même à la marge, du statut des CDI ». A ce sujet, l’économiste déclarait récemment dans l’hebdomadaire Le Un (www.le1hebdo.fr) : « globalement, la protection de l’emploi améliore le bien-être des travailleurs protégés mais dégrade celui des autres. Elle contribue donc à créer des inégalités ».

Changement de paradigme ? Allons-nous revenir au travail non salarié qui dominait jusqu’à la fin du XIXème siècle ? « Non  », répond Pierre CAHUC en soulignant que « le contrat de travail, et surtout le CDI, reste la forme de contrat majoritaire. Sur 21 millions de salariés, on dénombre 3,2 millions de personnes en CDD, soit environ 14% des actifs hors intérim. Il n’existe pas de tendance forte à la baisse des CDI ». Une des questions est donc de savoir s’il faut imiter l’Allemagne et ses contrats précaires pour faire baisser le chômage. Dès lors, comment accompagner les personnes en précarité si ce n’est en instaurant un système plus redistributif, en limitant notamment les différences de statut entre CDD et CDI. « Dans un monde idéal, les entreprises pourraient rompre le contrat de travail à leur propre initiative. En contrepartie, elles paieraient une contribution pour financer l’accompagnement des personnes licenciées », insiste Pierre CAHUC. Changement de paradigme certainement, changement de culture surtout.

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