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Chypre, préfiguration de la grande réforme bancaire européenne ?

Bank of CyprusProgramme ambitieux. Le plan de sauvetage des banques chypriotes pourrait-il servir de base à la réforme bancaire en préparation pour l’ensemble de la zone euro ? Le Président de l’Eurogroupe, Yeroen Dijsenbloem, affirme que le cas de Chypre ne peut servir d’exemple mais de fortes suspicions existent. Selon Jean-Paul POLLIN, le projet d’union bancaire prend tout son sens dans le contexte actuel. « Le texte s’articule autour de trois axes : une supervision commune des banques via la BCE, un système commun d’assurance des dépôts et un dispositif commun de résolution des problèmes  ». L’erreur du représentant des pays membres de la zone euro a été de communiquer dans la précipitation sur une taxe frappant tous les comptes, quels que soient leurs montants. « Taxer les petits épargnants, c’est miner la confiance dans le système  », souligne l’économiste.

Urgence d’agir. Le fait que les banques aient mauvaise presse n’est pas un phénomène nouveau. Et il n’y a pas uniquement celles qui posent problèmes. Les établissements censés être plus solides ne sont pas épargnés. Faisant référence à une récente étude, Jean-Paul POLLIN estime que, « seuls 4 établissements français figurent parmi les 50 premiers jugés les plus sûrs au monde  » (NDLR : Crédit Mutuel, Banque Postale, Banques Populaires et la CDC). L’un des objectifs de la réforme bancaire est de limiter le poids du secteur dans les économies nationales. « En cas de défaillance d’une banque, il convient de faire payer, non pas le contribuable, mais les créditeurs importants des établissements concernés ». Il est urgent de se pencher sur cette question.

Effet contagion. Les récents développements de la crise chypriote et le plan proposé par l’Eurogroupe ont eu des effets immédiats sur la monnaie unique européenne. L’euro est tombé au plus bas depuis 4 mois face au billet vert à moins d’1,29 dollars. « Que l’on ait des doutes sur l’euro et que ces doutes aient été aggravés par l’épisode chypriote est une évidence. Les opérateurs constatent que la zone euro reste infirme, incapable d’assurer la solidarité entre les pays », conclut Jean-Paul POLLIN. Le niveau actuel de la monnaie unique est plutôt bon pour nos exportations mais il ne faudrait pas que cela se transforme en profonde défiance vis à vis de l’économie européenne.

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