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CICE : un impact marginal sur l’emploi

ciceRéalisme ou illusion. Pas un jour ne passe sans que soit invoqué le CICE. Le Crédit Impôt Compétitivité Emploi est entré dans les mœurs et fait partie de notre quotidien. La majorité au pouvoir l’invoque et l’agite comme le « grigri » qui va nous aider à sortir de la crise. L’opposition et le milieu patronal dénoncent un dispositif compliqué aux effets mesurés. Ce CICE, dont le principe est la baisse de charges pour soutenir les entreprises et créer de l’emploi, aura-t-il un impact réel sur le marché du travail ? Non répond Pierre CAHUC, pour qui « le CICE profitera surtout aux entreprises et aux salariés  » déjà installés .

Autre bataille. « Pour créer de l’emploi, il serait préférable de se concentrer sur les charges des bas salaires  », insiste l’économiste. La logique du CICE est de restaurer la compétitivité des entreprises, notamment celles de l’industrie. Or, souligne Pierre CAHUC : « ce type d’aides a un faible impact sur l’emploi car les salariés les plus qualifiés dont le taux de chômage est faible, sont ceux les plus à même de négocier des augmentations ». Un effet pervers apparaît alors : « plus la mesure cible cette population, plus elle contribue à ce que les salariés en question obtiennent satisfaction. A terme, elle subventionne donc des hausses de salaires plutôt que d’encourager l’embauche  ».

Exemple. Selon Pierre CAHUC, l’impact de l’allègement du coût des basses rémunérations sur les embauches a porté ses fruits sous un autre gouvernement, celui de François Fillon. « La mesure exonérait totalement de cotisations patronales les embauches pour les salaires au niveau du SMIC dans les entreprises de moins de 10 personnes pendant un an. Alors qu’elle a été proposée en pleine récession, son succès a été immédiat avec la création de 25.000 emplois en 2009  ». CQFD. Mais autre temps, autres mœurs. Pour être efficace, la politique des aides à l’emploi doit être révisée. La remise à plat de la fiscalité récemment lancée par Matignon sera-t-elle l’occasion de réviser les ambitions ? Le débat ne semble pas en prendre le chemin.

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