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Conflit ukrainien : notre facture de gaz va-t-elle flamber ?

gaz  ukraineIncontournable Kiev. Le gaz revient au cœur de l’actualité en Europe mais les enjeux sont beaucoup plus russo-ukrainiens que russo-européens. Avec 60% du gaz transitant encore par son sol vers l’Europe, l’Ukraine reste un acteur important pour Moscou. « L’Ukraine est un pays riche. A la fois une puissante agriculture – les fameuses terres noires, grenier à blé du temps de l’URSS – et les industries lourdes de la région du Donbass (NDLR : terre natale de l’ancien leader ukrainien Viktor Ianoukovytch) très consommatrices d’énergies », analyse Christian STOFFAES. Toutefois, l’Ukraine reste dépendante du gaz russe, principale ressource énergétique pour faire tourner son importante industrie et chauffer la population.

Flambée des prix improbable. Inutile de s’inquiéter outre mesure pour notre approvisionnement en gaz, estime l’économiste. Pas d’inquiétude non plus en ce qui concerne le montant de nos factures à la fin du mois si on se chauffe ou cuisine avec la petite flamme bleue. « Dans l’état actuel de la situation, certes très tendue et impressionnante, l’impact sera nul à courte terme. Et ce, pour plusieurs raisons », explique Christian STOFFAES. « La France est dépendante du gaz russe à 15% à peine. Depuis plusieurs années, la France diversifie son procès énergétique avec notamment le stockage et la méthanisation. L’impact par ricochet sur les prix du pétrole est peu probable  ». Les pays du Golfe estiment que ce conflit russo-ukrainien pèsera très peu sur la scène économique mondiale.

Accord inéluctable. L’Ukraine et la Russie sont obligées de s’entendre et de trouver un accord sur les questions de quantité et de prix du gaz. De plus, estime Christian STOFFAES, « une alliance forte existe entre la Russie et l’Allemagne. Une complicité très puissante puisque le chef de file du consortium d’achats gaziers européens depuis fort longtemps est RurhGaz qui s’appelle aujourd’hui Eon  ». A ce titre, Moscou n’a aucun intérêt à couper les ponts avec Berlin, Vladimir Poutine se tirerait une balle dans le pied. Donc, bruits de bottes impressionnants, oui. Explosion de notre facture énergétique à la fin du mois, non.

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