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Déficits publics : une révision logique.

4747207_ef737d25bb903f7b920ef11ce29ce972da14b764_545x460_autocropDépression conjoncturelle. La France ne respectera donc pas son objectif de 3% de déficit public par rapport au PIB à la fin de l’année. Si Matignon avait écouté économistes et instituts de conjoncture qui n’ont cessé de tirer la sonnette d’alarme, le constat aurait été fait plus tôt. En réalité, 2 prévisions sont remises en question : le déficit à 3% du PIB à la fin de cette année et la perspective de croissance économique de 0.8% sur laquelle Matignon a construit le budget 2013. La détérioration s’explique facilement, selon André CARTAPANIS : « Après le printemps (période pendant laquelle est traditionnellement préparé le budget de l’année suivante) l’été est arrivé avec sa douche froide : tous les indicateurs conjoncturels (y compris dans les pays d’Europe du Nord censés être dynamiques comme l’Allemagne) se sont dégradés  ». Nous avons attaqué 2013 sans aucun élan (la croissance française s’est repliée de 0.3% au quatrième trimestre 2012 et a été nulle sur l’ensemble de l’année).

Perspectives. La situation est grave mais pas désespérée. Un peu comme pour un foyer endetté, on va revoir l’échéancier. Selon André CARTAPANIS, « l’essentiel est de garder le cap (0 déficit en 2017) tout en ralentissant la vitesse. Avec pragmatisme, il faut caler la loi de finances sur l’état de la conjoncture et l’objectif de 3% à 2014. Ce n’est quand même pas une catastrophe  ». Le Commissaire européen aux Affaires économiques, Oli Rehn, rappelle d’ailleurs qu’un délai peut être officiellement accordé à tout pays en cas de dérapage de la croissance. On y est.

Attitude des marchés. Si la France se met à lâcher la bride, les marchés nous sanctionneront-ils ? « Pas si sûr, estime l’économiste. Les opérateurs sont déjà convaincus que l’objectif des 3% fin 2013 est inatteignable. D’autant que nous ne sommes pas les seuls dans cette situation  ». « Il faut gérer, dans le temps et sans à-coups, un objectif réaliste. A ce titre, appliquer immédiatement les recommandations de la Cour des comptes sur la réduction des dépenses publiques serait de nature à accentuer le cercle vicieux dans lequel nous sommes aujourd’hui  », estime André CARTAPANIS. La France mérite plus et mieux que d’être rabaissée au rang des pays qui n’ont pas su maîtriser leur situation budgétaire, mais l’équation est sacrément compliquée.

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