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Faut-il un SMIC-jeune?

 2014-05-02_forum_le_smic_jeuneUn actif de moins de 25 ans sur quatre est au chômage. A la question « Faut-il un Smic jeunes ? », les avis sont partagés. Partagés entre les pays qui n’ont pas la même approche en termes d’insertion des jeunes dans la vie active. Partagés au sein des économistes : leurs avis divergent, les études théoriques sont incapables de fournir une solution tranchée et les analyses empiriques offrent régulièrement des résultats contradictoires. 

« Investir dans la jeunesse, c’est investir dans le présent et l’avenir de nos sociétés » .
source : Organisation internationale du travail

 

Sommaire :

I. Les termes du débat sur le Smic-jeunes

II. Le salaire minimun dans la théorie économique

III. Sept visions d’économistes aujourd’hui

Introduction 

Les chiffres publiés mardi 1er décembre par le ministère de l’Education nationale concernant le décrochage scolaire donnent le tournis. Fin 2014, on recensait en France 110.000 décrocheurs, des jeunes ayant quitté cette année-là le système scolaire sans aucune qualification. En 2010, on en recensait officiellement 136.000. Faut-il se réjouir de la baisse enregistrée sur quatre ans ? Oui, bien sûr. Mais le niveau reste très élevé. Trop élevé. Il ne s’agit plus d’invoquer l’ « urgence d’agir », ni de souligner le caractère prioritaire du dossier de l’emploi des jeunes. Faut-il ouvrir le marché du travail à la jeunesse ? A l’incongruité de la question doit répondre l’action car une trop grande partie de la population concernée navigue désormais entre déshérence et désespoir, parfois poussée au pire, l’actualité vient de nous le rappeler tragiquement.

La question n’est donc plus de savoir s’il faut ouvrir le marché du travail à la jeunesse mais de dire comment le faire. Dans quelles conditions et avec quels moyens. Force de propositions, le Cercle des économistes joue cartes sur table. La déclaration finale des 15èmes Rencontres Economiques d’Aix-en-Provence (juillet 2015)  en est la preuve. En ces temps troublés par une actualité anxiogène, une relecture du texte s’impose.

Le Cercle des économistes consacre son dossier mensuel au travail des jeunes. Système éducatif, formation, apprentissage, employabilité, salaires… les dossiers ne manquent pas. Ce mois ci, le Cercle des économistes a décidé de mettre l’accent sur la question du salaire à travers la question : « Faut-il créer un Smic (salaire minimum interprofessionnel de croissance)-jeune ? ».

Ce document présente succinctement les éléments clés et quelques aspects théoriques relatifs à la problématique analysée. Notre dossier se clôt par des propositions de certains membres du Cercle des économistes et d’experts extérieurs. La prégnance du sujet impose la diversité des points de vue.

 

I. Eléments du débat

Définitions et données.

Succédant au SMIG (Salaire minimum interprofessionnel garanti), le Smic fut institué en 1970. C’est le salaire minimum auquel un travail en France sera rémunéré. Il est revalorisé chaque 1er janvier sur l’inflation qui touche le premier quintile des ménages, c’est-à-dire les 20% des ménages les plus démunis. En 2015, le salaire minimum horaire s’élevait à 9.61euros soit un salaire mensuel de 1457.32 euros mensuel pour une durée de travail hebdomadaire de 35 heures.

Un taux réduit du Smic peut être appliqué par les apprentis et les jeunes salariés en contrat de professionnalisation. En outre, le taux peut aussi être réduit si le salarié a moins de 18 ans, selon l’expérience [1]. En somme, un Smic-jeunes est déjà en vigueur !

Notons que le terme « jeune » n’est pas forcément limpide. Parfois la population « jeune » comprend les 15-24 ans, parfois les 18-26 ans (pour les apprentissages, notamment), parfois encore les 18-29 ans. Généralement, lorsque l’on discute du chômage des jeunes et des questions afférentes, l’intervalle 15-24 est retenu.

Au sens du Bureau international du travail, un chômeur est une personne en âge de travailler (de plus de 15 ans) qui est sans emploi, qui est disponible pour occuper un emploi dans les 15 jours, et qui cherche un emploi depuis un mois ou qui en a trouvé un commençant dans moins d’un trimestre [2]. Les données de l’INSEE (Institut national de la statistique et des études économiques) attestent d’un taux de chômage de 10% en France métropolitaine au premier trimestre de 2015. Pour les jeunes, le taux de chômage est de 24%. Le pourcentage des hommes en recherche d’emploi est supérieur à celui des femmes (respectivement 25.3% et 22.4).

[1] Entre 16 et 17 ans, le salaire en apprentissage est compris entre 25% et 53% du Smic selon l’ancienneté. Au-delà de 21 ans, l’apprentissage est rémunéré dans une fourchette entre 53% et 78% du Smic. 
[2] Notons qu’un chômeur en France n’est pas nécessairement inscrit à Pôle Emploi.

Les tentatives passées.

Il y a eu deux initiatives à un contrat d’emploi pour les jeunes : le contrat d’insertion professionnelle sous Balladur mis en place en 1993-1994 et le contrat première embauche sous Villepin présenté en 2006. Les deux ont été abrogés sous la pression populaire. Même si le Smic-jeunes permettait à long terme d’améliorer l’entrée sur le marché du travail, son application serait pour le moins improbable : il apparaît que cette approche est fondamentalement impopulaire. Il est notable qu’un très simple rappel à la théorie économique de la rigidité des salaires permette de comprendre ce phénomène : les salariés n’acceptent pas voir leur salaire absolu se réduire. C’est ce que Keynes décrivait il y a 80 ans. En revanche, l’inflation grignotant sur leur pouvoir d’achat n’a pas un impact aussi délétère. Quel gouvernement osera faire cette réforme dont on doute qu’elle apporte quelque bénéfice que ce soit, même dans le long terme ?

Qu’en pensent les think tanks ?

Parmi les think tanks, les avis divergent. Certains, à l’instar de l’institut Montaigne, réclament une vraie réflexion sur les avantages d’un Smic-jeunes. D’autres, comme Terra Nova cherchent plutôt des réponses dans la formation des jeunes afin de ne plus laisser qui que ce soit être tout à fait démuni lors de l’entrée sur le marché du travail. A cet égard, l’utilisation d’internet peut être un puissant levier.

Le débat des think tanks au Monde lundi 23 novembre a mis en exergue une idée partagée par la quasi-totalité des intervenants : il n’y a pas de problème du sous-emploi jeune. Le vrai problème est la dichotomie du marché du travail selon que l’individu concerné est qualifié ou non.

La question centrale est alors : comment permettre aux jeunes non-qualifiés – tout particulièrement aux NEET [3] – d’accéder à une situation professionnelle stable ? Est-ce par la formation ? Par une revalorisation de l’apprentissage ? Par une grille des salaires plus souple ?  Xavier Ragot, économiste à l’OFCE, pense qu’un Smic-jeunes est sans intérêt et qu’il existe déjà un certain nombre de mesures comme les emplois aidés.

graphique 1

source: Insee, enquête Emploi Réunion 2009

En plus des taux réduits pour les jeunes travailleurs, l’Etat a prévu un certain nombre de dispositifs ad hoc qui paraissent beaucoup plus adaptés aux problèmes inhérents au chômage des jeunes. Il faut néanmoins intensifier cet effort afin de ramener le taux de chômage des jeunes à un niveau décent.

[3] NEET: Not in education, employment or Training.

Le Smic-jeunes dans l’actualité

Avril 2014 a été une période d’intenses discussions médiatiques concernant le Smic-jeunes. Pierre Gattaz et Pascal Lamy  ont ouvert la discussion. Etant donné le niveau du chômage, en particulier chez les jeunes, Pascal Lamy a déclaré « un petit boulot c’est mieux que pas de boulot ». Les critiques n’ont pas attendu très longtemps. Ainsi un vaste panel de personnalités concernées a réagi avec virulence. Jean-Claude Mailly : « on rentre dans l’indécence » ; Najat Vallaud-Belkacem « nous y sommes bien sûr fermement opposés »; Laurence Parisot « Proposer un salaire en dessous du Smic s’apparente à une logique esclavagiste » ; Jean-Luc Mélenchon « A quand l’esclavage temporaire ? ». Un sondage du Figaro en avril 2014 sur « Faut-il autoriser un Smic-jeunes pour favoriser l’emploi ? » a donné 50% de oui, 50% de non sur 52660 votants.

En avril 2015, « François Hollande annonce que les jeunes au Smic vont toucher la prime d’activité ». Elle entrera en vigueur le 1er janvier 2016. Avant, seuls les travailleurs rémunérés au Smic de plus de 25ans touchaient cette prime. La prime correspond à un montant entre 100 et 300€, selon les statuts.
Cette mesure, destinée à remplacer la prime pour l’emploi (PPE) et le RSA (Revenu de solidarité active)  activité traduit en fait de l’existence – jusqu’au 1er janvier – d’un Smic-jeunes. En effet, les moins de 25 ans ne bénéficient ni de la PPE, ni du RSA activité. Ils sont donc actuellement rémunérés à moindre coût pour l’Etat français (mais pas pour les entreprises).

En septembre 2015. Gilbert Cette propose de discuter de la mise en place d’un « Smic-jeunes en fonction de l’âge ou de la région ». La pauvreté vient plus du faible nombre d’heures travaillées (temps partiel) que du niveau du Smic en soit.

Bref, cette mesure est clairement impopulaire pour un large spectre de l’échiquier politique. Néanmoins, un certain nombre de personnes, de droite comme de gauche la soutiennent.

Comparaison internationale : le salaire minimum et les jeunes.

La plupart des pays occidentaux ont fixé un salaire minimum. (voir graphique ci-dessous). L’Allemagne et quelques pays d’ex-Yougoslavie ont établi des salaires minima entre 2005 et 2015. Parmi les pays de l’Union Européenne, en 2015, 22 pays sur 28 ont un salaire minimum.

Le Japon a lui aussi un salaire horaire minimum d’environ 5.8€. Il dépend des préfectures qui décident du montant du salaire minimum. En Chine, le salaire dépend de la province en question. Il s’élève généralement à un montant autour de 200€ par mois. Le gouvernement chinois essaie d’ailleurs de pousser les salaires minimum vers le haut afin d’accélérer les délocalisations qui permettent de limiter la demande de main d’œuvre chinoise.

graphisue 2

[4] A noter que le salaire français se calcule : [w*35*52]/12 avec w le salaire horaire ; les salaires allemand et étasunien se calculent : [w’*40*52]/12… En bref, les salaires présentés dans ce tableau ne sont pas les salaires minima par heure travaillée.

[4] Notons en outre que dans les pays de la zone euro, la revalorisation du salaire minimum est variable selon les pays. Le salaire minimum a cru en moyenne de plus de 2.7 % au Luxembourg et au Portugal alors qu’il a augmenté en moyenne de 1.26% en France. Supposant que ces trois pays revalorisent leur salaire minimum sur des critères identiques, à savoir l’inflation, alors on peut apercevoir que l’inflation n’a pas été la même dans les pays. En somme, ce tableau indique en filigrane les tensions que peut provoquer une union monétaire entre des pays disparates.

Certains pays ont un salaire minimum spécifique aux jeunes. Elie Cohen indique que les effets du Smic-jeunes ne sont pas identiques selon les pays : ils semblent plutôt positifs aux Pays-Bas, mais négatifs au Royaume-Uni.

Pays-Bas: il existe un Smic progressif depuis 1974. Le Smic démarre à 14 ans. Son montant s’élève à seulement 600€ à 16 ans et s’accroît graduellement pour atteindre 85% du Smic à 23 ans. Le taux de chômage des jeunes actifs néerlandais est de 11.5% contre 20% en moyenne pour l’UE.

Belgique: le salaire minimum est fixé par des conventions collectives. Différents paliers, en fonction de l’âge, de l’expérience et de la fonction, sont fixés.

Royaume-Uni: le salaire minimum est fixé aussi par conventions collectives mais les paliers ne dépendent que de l’âge. Le Royaume-Uni est célèbre pour ses Zero hour contract (ZHC), emplois extrêmement précaires et hyper-flexibles rémunérés au salaire horaire minimum, c’est-à-dire 6.5£. Les ZHC concernent 1 à 3 % de la main d’œuvre britannique.

Finlande : il n’y existe pas de salaire minimum, mais des mesures pour l’emploi. Une « garantie jeunesse » vise à faciliter la réinsertion professionnelle. Généralement, les pays qui ne proposent pas de salaires minimum – même pour l’ensemble de la population active – fixent un niveau minimum de rémunération par branche (Autriche…).

Allemagne: depuis le 1er janvier 2015, l’Allemagne a un salaire horaire minimum de 8.5€. Cette application n’est pas en contradiction avec l’existence des mini-jobs des réformes Hartz (2003-2005) quoique ces derniers doivent être rémunérés au salaire minimum.  En effet, près de 4.86 millions de salariés allemands travaillaient dans le cadre de mini-jobs . Toutefois il faut noter que le nombre de mini-jobs se réduit quelque peu depuis l’instauration d’un salaire minimum (-2.4%). Quoiqu’il en soit, si les mini-jobs étaient souvent destinés aux jeunes, ils ne se restreignaient cependant pas à cette tranche d’âge et sont occupés par toute la population.

Référence utilisée pour les Pays-Bas, la Belgique, le Royaume-Uni et la Finlande. http://bfmbusiness.bfmtv.com/monde/smic-jeunes-exemples-europeens-756859.html

 

II. Le salaire minimum dans la théorie économique

 

Le marché du travail.

Le marché du travail revêt des caractéristiques qui lui sont propres, à commencer par l’extrême immobilité des inputs, ces derniers étant des hommes. Remarquons à cet égard que Karl Polanyi, économiste de la première moitié du XX° siècle, insistait sur le fait qu’un marché du travail ne pouvait pas exister. Pourtant, en économie, les questions relatives à l’emploi sont généralement traitées via la grille d’analyse offerte par les marchés : on discute de l’offre et de la demande de travail.

Effet de substitution, effet volume.

Le marché du travail, à supposer qu’il existe et que son fonctionnement s’apparente à celui d’un marché « ordinaire », réagit à une baisse ciblée du coût du travail – par exemple sur les bas salaires des jeunes – de deux façons. Premièrement, une baisse du coût du travail entraîne un effet de substitution : le travail de la population ciblée sera moins onéreux et entrera en concurrence avec d’autres facteurs de production. En l’occurrence, cela peut être le capital  car les bas salaires rémunèrent généralement les emplois peu qualifiés et ce sont ces emplois qui sont le plus en compétition avec le capital productif (machines…). Cela peut aussi être le travail faiblement rémunéré de la population non-touchée par la baisse du coût du travail. Dans notre exemple, cela serait les individus plus âgés et rémunérés au Smic qui pâtiraient de cette mesure. Deuxièmement, une baisse du coût du travail entraîne un effet volume : la productivité va tendre à s’accroître, poussant ainsi vers le haut la frontière des possibilités de production et permettant ainsi d’augmenter la demande de travail. Cette hausse de la demande de travail ne se limitera pas aux seuls emplois faiblement rémunérés mais touchera l’ensemble des travailleurs [5].

[5] A noter toutefois que le pouvoir de négociation sur les salaires est relativement important pour les individus pour lesquels les rémunérations sont relativement importantes. L’effet volume peut en conséquence se traduire par une augmentation des hauts salaires sans gonfler la masse salariale des hauts salaires. 

Les élasticités

Comme il a été mentionné plus haut, au-delà du problème de la jeunesse, c’est avant tout le non-emploi d’une importante population non-qualifiée qui pose problème. Le travail non-qualifié est plus sensible à la conjoncture que le travail qualifié. L’élasticité de la demande de travail non-qualifié à l’intensité de l’activité (que l’on peut par exemple approximer par l’output gap) est supérieure à celle concernant les travailleurs qualifiés. Lorsque l’activité économique est en phase de reprise, les travailleurs non-qualifiés sont réembauchés, en particulier par des CDD (Contrat à durée déterminée). Lorsque l’activité économique se resserre, les emplois précaires sont les premiers à disparaître.  Ainsi l’élasticité de l’emploi à son coût est proche de l’unité (de -1) pour les travailleurs peu qualifiés alors que son coefficient est inférieur à – 0.5 pour les travailleurs qualifiés (selon les approximations, cette élasticité peut varier quelque peu mais reste nettement inférieure à l’élasticité pour les travailleurs peu qualifiés). Dit simplement, la hausse (baisse) de 1% du coût du travail se traduit par une baisse (hausse) de l’emploi de 1% dans le cas des travailleurs non-qualifiés et de moins de 0.5% pour les travailleurs qualifiés.

 

graphique 3

Source : Direction générale du Trésor ; Numéro 2015/2 ; mars 2015, page 13.

graphique 4

Source : Direction générale du Trésor ; Numéro 2015/2 ; mars 2015, page 19.

Le Smic dans la théorie économique.

Il faut bien comprendre les mécanismes sous-jacents au Smic pour mieux percevoir l’impact potentiel d’une variation du Smic, quelle qu’elle soit (variations du Smic pour l’ensemble de la population, pour une sous-population prédéfinie). En guise de préambule, notons que l’instauration d’un Smic-jeunes ou d’une baisse de charge « aurait des effets économiques qualitativement très proches ». En revanche, d’un point de vue quantitatif, « la première mesure modifierait le coût des seuls jeunes non-qualifiés tandis que la seconde modifierait celui de l’ensemble des jeunes. » (Cette, Cuneo, Eyssatier et Gautié, 1996). Un Smic-jeunes tendra donc généralement à favoriser l’insertion de l’emploi des non-qualifiés alors qu’une baisse des charges se traduira par une aide aux jeunes uniforme.

En raisonnant en termes de courbes d’offre et de demande, il est aisé de concevoir le Smic comme un plancher en deçà duquel les salaires ne peuvent pas se fixer. Intuitivement, ce cadre d’analyse suppose qu’un Smic trop important – plus élevé que le salaire « d’équilibre » – provoquera un déséquilibre entre l’offre d’emploi (les travailleurs) et la demande d’emploi (les employés) que l’on peut qualifier de chômage involontaire

Graphiques [6]

graphique 5

source: Sénat

graphique 6

source: Sénat

[6] Les deux graphiques insistent sur l’importance du niveau du Smic par rapport au salaire d’équilibre. En revanche, comme on l’a vu, les élasticités de la demande de travail au coût diffèrent selon le salaire. Au lieu d’une droite pour la fonction de demande, il serait peut-être plus représentatif de faire apparaître une courbe type « e^(-x) ».

Un très simple rappel à la théorie économique de la rigidité des salaires permet de comprendre l’impopularité dont souffrent les mesures relatives à un équivalent du Smic-jeunes.  En effet, les salariés n’acceptent pas de voir leurs salaires – en valeur absolue – se réduire. C’est ce que Keynes décrivait il y a 80 ans. En revanche, l’inflation grignotant sur leur pouvoir d’achat n’a pas un impact aussi délétère. Quel gouvernement osera faire cette réforme dont on doute qu’elle apporte quelque bénéfice que ce soit, même dans le long terme ?

Fixer un salaire minimum plus élevé a tendance à limiter les potentielles augmentations de salaires : l’employeur compense les dépenses importantes qu’il a effectuées lors des premiers mois/années d’embauche. Ainsi un Smic-jeunes serait-il individuellement la possibilité d’envisager des perspectives de carrières plus ambitieuses… Mais est-ce au détriment des populations non-touchées ?

Un certain nombre d’individus rémunéré au Smic vont être concurrencés par les jeunes dont le coût représente une charge moins lourde à supporter pour l’employeur. L’impact d’une baisse du coût du Smic-jeunes se manifestera donc par un accroissement des rémunérations des hauts salaires et par une demande d’emploi vis-à-vis de la population jeune supérieure. En revanche, l’effet est moins clair pour les individus rémunérés au Smic « non-jeunes ». Cela dépend. Si l’effet de substitution prédomine (ce qui est très plausible), un Smic-jeunes aura un impact négatif sur les personnes payées au Smic non-jeune. Si l’effet volume est prépondérant (assez peu réaliste dans la conjoncture actuelle), ces personnes aussi gagneront à la baisse du Smic pour les jeunes.

Notons que l’étude de Cette, Cuneo, Eyssartier et Gautié confirme l’intuition selon laquelle la baisse du coût du travail des jeunes peut avoir des conséquences néfastes quant au volume d’emploi des non-jeunes.  La théorie du salaire d’efficience a soulevé la question du juste salaire. Non-seulement les jeunes peuvent se sentir lésés et catégorisés vis-à-vis du reste de la population active, mais les travailleurs non-jeunes peuvent en plus se penser en danger du fait de la concurrence accrue (Akerlof et Yellen, 1988) [7].

D’un point de vue macroéconomique, fixer un salaire minimum peu avoir un impact par d’autres canaux. Keynes indique qu’une baisse des salaires peut provoquer une baisse des débouchés des entreprises et ainsi avoir un impact néfaste sur l’emploi. Généralement, une baisse de chômage se traduit par une hausse de l’inflation (la fameuse courbe de Phillips) qui va grignoter sur la compétitivité des entreprises. Instaurer un Smic-jeunes peut accroître le chômage des populations non-jeunes (via l’effet de substitution) mais diminuer le chômage des jeunes (via  la baisse du coût du travail) et ainsi diminuer le chômage global tout en n’impliquant pas d’inflation (le pouvoir de négociation des salaires étant généralement plus faible chez les jeunes, à qualifications égales).

Il n’est pas évident qu’un Smic-jeunes établi en-deçà du Smic s’apparente à un effet positif sur le chômage. En effet, la taille de la population active va varier en fonction de la mesure mise en œuvre et, surtout, du comportement individuel des agents. On ne sait pas si les individus vont arbitrer leur temps de travail avec le loisir en privilégiant de plus en plus le loisir, l’heure de travail apportant de moins en moins d’utilité ; on ne sait pas si les individus vont au contraire travailler plus de façon à ne pas voir leur revenu mensuel décroître. Les apports théoriques montrent que les effets d’un Smic-jeunes sont mal connus. On ne peut pas conclure.

[7] Akerlof, G. A., & Yellen, J. L. (1988). Fairness and unemployment. The American Economic Review, 44-49. Page 6 : “The key to such models [efficiency wage models of unemployment] is the fair wage/effort hypothesis, that says that effort is proportional to the wage for workers paid less than the subjectively determined fair wage.”

Le Smic dans les approches empiriques.

Le débat sur l’impact du salaire minimum sur l’emploi n’est pas nouveau. Une très dense littérature a été constituée à cet égard. Si l’on se contente des Etats-Unis, nous pouvons citer – à titre d’exemples – deux papiers qui présentent des effets différents. Ainsi le très connu et discuté article de Card et Krueger de 1992 indique-t-il que l’instauration du salaire minimum au New Jersey n’a pas eu d’impact sur le niveau d’emploi [8]. Ensuite, un plus récent article de Clemens et Wither (2014) traitant d’une problématique similaire montre qu’une hausse de 30% du salaire minimum américain induit une baisse de l’emploi de 0.7% [9]. Les méthodes, les données, les périodes, les pays considérés mènent généralement à des résultats diamétralement opposés. Il est en conséquence assez difficile de conclure que le salaire minimum a systématiquement un effet positif ou négatif. A propos de l’efficacité du salaire minimum il y a consensus qu’il n’y a pas de consensus… Concernant le Smic-jeunes, la littérature est moins abondante, mais n’est pas vraiment consensuelle non plus.

En un mot, la question du Smic-jeunes « débouche sur l’impression d’une relative incertitude, au sens où les études empiriques ne semblent pas vraiment trancher des questions que la théorie laisse elle-même en suspens, concernant les effets du SM [salaire minimum] sur l’emploi et le chômage des jeunes. » (Cette, Cuneo, Eyssartier, et Gautié, 1996).

[8]Card, D., & Krueger, A. B. (1993). Minimum wages and employment: A case study of the fast food industry in New Jersey and Pennsylvania (No. w4509). National Bureau of Economic Research.
[9] Clemens, J., & Wither, M. (2014). The Minimum Wage and the Great Recession: Evidence of Effects on the Employment and Income Trajectories of Low-Skilled Workers (No. w20724). National Bureau of Economic Research.

Critiques

A l’heure de l’Uberisation, la discussion sur un Smic-jeunes n’est-elle pas tout à fait dépassée, ne traduit-elle pas justement d’un retard fondamental des questionnements et plus encore des réformes potentielles ?

Si l’on justifie un Smic-jeunes par une trop forte viscosité du marché de l’emploi et par le manque de garanties (études, expériences, capacité à s’adapter…) potentiel des jeunes, n’est-il pas possible de justifier symétriquement un Smic-seniors ? En effet, un certain nombre de défis pour intégrer les jeunes sur le marché du travail se retrouve pour réintégrer les seniors qui sont, dans un laps de temps plus ou moins important, sortis du marché du travail.

Discuter de l’éventualité d’un Smic-jeunes revient à mettre tous les domaines dans un même sac. Pourtant, les goulots d’étranglement diffèrent très largement selon le secteur, le niveau d’étude, et même selon la région considérée. En plus des taux réduits pour les jeunes travailleurs, l’Etat a prévu un certain nombre de dispositifs ad hoc qui paraissent beaucoup plus adaptés aux problèmes inhérents au chômage des jeunes. Il faut néanmoins intensifier cet effort afin de ramener le taux de chômage des jeunes à un niveau décent.

Quand bien même un Smic-jeunes serait adopté, il faudrait veiller à choisir la mise en application précautionneusement. En effet, il apparaît que c’est plutôt en période de crise qu’une baisse du coût du travail est nécessaire. Autrement, cela pourrait se traduire par un simple effet d’aubaine.

III. La vision de 7 économistes

 

Charpin Jean-Michel_cropJean-Michel CHARPIN  (Cercle des économistes)

Outre la formation, les conditions d’insertion dans l’emploi reposent également sur la rémunération.
« La sympathie et l’affection ne suffisent plus ». Membre du Cercle des économistes, Jean-Michel Charpin résume l’état d’urgence, l’esprit de la réflexion et des propositions qui vont suivre. Si « la génération aujourd’hui au travail doit financer les charges liées, notamment, aux frais des longues scolarités des jeunes, la jeune génération connaît, elle, une situation encore plus difficile », estime Jean-Michel Charpin qui poursuit : « même si cette jeunesse bénéficie de larges possibilités de formation, connaît une mobilité internationale élevée et trouve au bout de quelques années un emploi stable, le sort de sa partie la moins formée ne cesse de se dégrader ». Mais la société française a bien du mal à aborder la question du salaire minimum. « Politiquement, les deux tentatives précédentes – le Smic-jeunes en 1994 et le contrat de première embauche (CPE) en 2006 – ont tourné à la déroute pour les gouvernements qui les avaient proposées, estime Jean-Michel Charpin constatant que « les commissions de concertation de toute nature n’ont guère avancé sur ce sujet tant les points de vue étaient divergents. Seule une clarification du débat a eu lieu sur le rôle du SMIC en matière d’emplois et d’inégalités par le groupe d’experts réunis par Paul Champsaur et François Bourguignon ».

 

imgresGilles SAINT-PAUL (Paris School of Economics)

Ainsi donc, comment jouer sur la variable salaire pour fluidifier le marché du travail des jeunes ?
En s’attaquant aux racines du mal. Lesquelles ? Pour Gilles Saint-Paul, Professeur à l’Ecole d’Economie de Paris et à l’université de Toulouse I, les jeunes souffrent particulièrement de deux réglementations : la protection de l’emploi qui rend difficile à un employeur le fait de les embaucher à l’essai ; le SMIC qui rend difficile l’accès à des jobs d’appoint, pour les étudiants, par exemple. « Il faut garder à l’esprit que, même dans un marché du travail fluide, on s’attend naturellement à ce que le taux de chômage des jeunes soit plus élevé. D’abord, ce sont de nouveaux entrants sur le marché du travail ; ensuite, il y a plus de chances pour que l’emploi qu’ils occupent soit peu satisfaisant pour eux ou leur employeur », explique Gilles Saint-Paul. L’économiste souligne que, « Aux Etats-Unis, le taux de chômage des jeunes est de l’ordre de 10%, sensiblement plus élevé que la moyenne. Cependant, la durée de leur chômage est plus faible que la moyenne (…). Il en va de même en France où le taux de chômage des jeunes est à peu près le double de la moyenne nationale, bien que la durée du chômage soit plus faible que pour les autres catégories ».  Gilles Saint-Paul d’en conclure : « cette comparaison suggère que, à niveau de fonctionnement donné du marché du travail, les jeunes ne sont pas plus pénalisés relativement en France qu’aux Etats-Unis. Cependant, ils sont bien plus exposés aux emplois précaires. La possibilité d’offrir un CDD atténue les conséquences disproportionnées pour les jeunes de la rigidité du marché du travail, mais au prix d’une précarité accrue lors des premières années de carrière ».

 

Koenig 2 © Bruno Klein-rec_1Gaspard KOENIG (Génération Libre)

Un nouveau contrat social.
Gaspard Koenig porte un regard différent sur la question. « Je ne pense pas que l’on puisse faire de politique spécifique pour la jeunesse. Il faut de bonnes politiques pour l’ensemble du monde du travail dans laquelle la jeunesse s’inscrira », estime le fondateur du Think tank GenerationLibre. A défaut d’un salaire minimum – reflet à ses yeux de l’ère du travail salarié, par opposition au modèle croissant d’économie ouverte –, Gaspard Koenig promeut le revenu universel : « Je pense qu’il faut revoir les règles sociales en fonction de ce nouveau monde qui émerge ». L’économiste est convaincu du fait que « si on défend un Smic pour la jeunesse en considérant que cela va lui donner de l’emploi, alors il faut une forme de Smic pour tout le monde. En créant des groupes parce que l’on n’ose pas affronter les problèmes structurels, on ne peut que créer un sentiment d’injustice ». Pourquoi les uns et pas les autres.

 

Jean-Paul Betbèze

Jean-Paul BETBEZE (Cercle des économistes)

Le problème en France est que le mot importe plus que la chose.
Parler de SMIC jeune entraîne automatiquement des réactions extrêmes. Chômage, offres d’emplois non satisfaites dans les services et le bâtiment, créations d’entreprises de très petite taille, montée des autoentrepreneurs… nombreuses sont les questions qui doivent être traitées selon Jean-Paul Betbèze, membre du Cercle des économistes. Mais l’économiste souligne surtout le fait qu’ « en face, le SMIC qui concerne de plus en plus de salariés – environ 15% – écrase les pyramides et notamment les carrières ». « L’histoire est vieille de ce SMIC, unifié et augmenté en 1968 alors qu’il était auparavant très différent selon l’industrie, l’agriculture, et en fonction des régions. Son unification entraînera des dévaluations et des hausses de salaires de plus en plus difficiles à absorber en économie ouverte. D’où le chômage des moins qualifiés, d’où l’aplatissement des carrières, aussi graves que désespérants », martèle Jean-Paul Betbèze. Après ce constat peu amène, l’économiste évoque plusieurs pistes : « Pourquoi ne pas parler d’une négociation emploi formation, avec un salaire d’entrée assorti de formations qualifiantes, en fait du salaire, qui mènerait au SMIC, mais qui devrait aussi s’assortir, ensuite, de formations dans la durée ? ». Jean-Paul Betbèze en est convaincu : « c’est l’emploi dans la durée qui est décisif, le salaire a un coût, certes, mais aussi une compétence à augmenter en permanence ». « Au lieu de parler SMIC jeune, parlons d’entrée en emploi et des formations que cette démarche implique », conclut l’économiste.

 

imgresAlain VILLEMEUR (Paris Dauphine)

Les jeunes, le logement et la mobilité.
Lier la question de la rémunération à celle du logement et de la mobilité s’impose. Selon Alain Villemeur, économiste, ingénieur et essayiste, outre l’impérieuse nécessité de généraliser les écoles de la seconde chance – qui permettent aux élèves qui en sortent de décrocher un contrat dans 60% des cas –, il faut au plus vite aider les jeunes à accéder au logement. Vu les difficultés rencontrées, « les jeunes restent chez leurs parents et ne sont pas incités à se déplacer, ce qui les pousse à limiter leur recherche d’emploi dans un espace géographique restreint ». Sans oublier la protection sociale qui est un autre chantier important, une allocation logement pour la jeunesse, sans ou avec peu de diplômes, en contrats précaires, s’impose. « Les formes restent à déterminer mais on peut imaginer le système de caution, une aide la première année… certaines villes le proposent déjà, celles qui ont du mal à faire venir les étudiants. C’est le cas notamment de Clermont-Ferrand », souligne Alain Villemeur qui suggère une meilleure utilisation des 40 milliards d’euros débloqués chaque année en France pour la politique du logement.

 

BenhamouFrançoise BENHAMOU (Cercle des économistes)

Mobilité synonyme d’employabilité.
Pour Françoise Benhamou, membre du Cercle des économistes, la mobilité de l’emploi n’est pas assez prise en compte par la collectivité. L’économiste professeur à Paris-XIII n’hésite pas à dénoncer ce qu’elle appelle « la fiscalité de l’immobilisme ». « La mobilité de l’emploi doit être plurielle : fiscale, pour aider les jeunes à se loger ; pragmatique, en faisant de Pôle Emploi une structure capable de traiter plus qu’elle ne le fait aujourd’hui de l’adéquation entre l’offre et la demande en fonction des besoins exprimés par région ». « Travailler sur les CV en amont permettrait de trouver la bonne personne au bon endroit », conclue Françoise Benhamou. D’où l’intérêt de considérer la mobilité à sa juste valeur.

 

Lorenzi Jean-Hervé cropJean-Hervé LORENZI (Président du Cercle des économistes)

Inclure une dimension logement dans la composition du SMIC.
Selon Jean-Hervé Lorenzi, le sujet majeur de la difficulté de mobilité, donc d’accès l’emploi pour les moins qualifiés, est aujourd’hui le logement. « Il faut imaginer un dispositif qui permette à des jeunes non qualifiés d’entrer sur le marché du travail plus facilement avec des rémunérations à droits progressifs. C’est à dire, peut-être, commencer légèrement en dessous du Smic mais atteindre au bout de deux ou trois ans le niveau actuel du salaire minimum. La logique étant de transformer le dispositif en CDI », explique le Président du Cercle des économistes. « Je propose de verser 800 euros au titre de la rémunération d’un travail, pris en charge par l’entreprise, et 400 euros versés par la collectivité, au titre d’une aide au logement pour permettre aux jeunes de se loger dans des conditions normales ». Fort de cette proposition novatrice, Jean-Hervé Lorenzi estime que la formulation d’un Smic-jeunes – qui pourrait prendre un autre nom – devrait conduire à des conditions acceptables, à la fois par les salariés, par l’entreprise et par l’ensemble de la collectivité.

Conclusion

La question de salaire minimum ne se restreint pas aux seules discussions conceptuelles d’économistes hors des réalités. Au contraire, ce sont des questions éminemment concrètes et pour lesquelles la théorie économique offre quelques éléments de réponses. Le Smic-jeunes sous-tend des questions d’équité intergénérationnelle et d’équité entre les différents niveaux de qualification. Les effets de substitution et de volume, le niveau de l’élasticité-coût de l’emploi… tous ces concepts fournissent des éléments de compréhension concernant les tenants et les aboutissants de l’instauration d’un Smic-jeunes.

En France, le Smic-jeunes apparaît comme un faux débat puisqu’il existe déjà des formes de rémunérations inférieures au Smic qui dépendent de l’âge et de l’expérience.  Il faudrait alors voir comment améliorer l’utilisation de ces pratiques, en particulier de l’apprentissage. Les pays développés proposent une grande diversité de réponse. Rares sont les pays à avoir une réelle politique d’insertion des jeunes sur le marché du travail par le niveau du salaire. Les ZHC britanniques sont des emplois globalement précaires dont les effets bénéfiques restent inobservés. Il est à noter que les pays Scandinaves font partie des quelques pays en Europe qui n’ont pas de salaire minimum général.

Les points de vue des différents économistes interrogés montrent que la question du Smic-jeunes ne peut pas être posée sans prendre en compte un certain nombre d’aspects supplémentaires. Un Smic-jeunes ne peut pas être la panacée. A supposer qu’il aurait un impact positif sur l’insertion en emploi, il devrait être accompagné d’aide au logement, d’incitation à la mobilité, etc. En outre, il pourrait être pertinent de réfléchir au modèle finlandais – une fois de plus – sur la possibilité d’avoir une pluralité de Smic selon les secteurs d’activité. Enfin, peut-être serait-il intéressant de penser en profondeur l’idée soulevée ici par Gaspard Koenig de revenu universel.

 

Ne pas manquer sur le thème, Duo éco avec JH Lorenzi et O.Pastré:

Petite revue de Presse 

Le Point 16/04/2014: « Le président du Medef, Pierre Gattaz, a ouvert mardi la boîte de Pandore en se disant favorable à un salaire « transitoire » inférieur au Smic pour encourager l’embauche des jeunes, suscitant un rejet du gouvernement et une réaction indignée des syndicats sur un sujet hautement sensible.  »

L’Express.fr 31/05/2014

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Réponse de Laurence Parisot à son successeur sur Twitter:

 

 

 

 

Le Figaro 04/03/2014 : Pour Pascal Lamy, «un petit boulot, c’est mieux que pas de boulot». L’ancien directeur général de l’OMC, socialiste et proche de François Hollande, a proposé mercredi «d’aller vers davantage de flexibilité et vers des boulots qui ne sont pas forcément payés au Smic»

Le Figaro Etudiant « Polémique sur le Smic-jeunes, comme un air de déjà vu »

L’Expansin-L’Express 16/04/14  : « Le Smic-jeunes existe déjà »

Arte.tv  25/09/12: « Emploi d’avenir pour jeunes chômeurs « :

latribune.fr  15/04/14 « Quand Pierre Gattaz teste le retour du Smic-jeunes

latribune.fr 03/04/14  » un petit boulot paye moins que le Smic Pascal Lamy

latribune.fr 15/04/14 esclavagiste indécent le Smic-jeunes déchaîne les passion

lefigaro.fr 15/04/14 Faut-il autoriser un salaire inférieur au Smic pour favoriser l’emploi?

Libération 03/09/15 Gilbert Cette: pourquoi pas un smic en fonction de l’âge ou de la région

 

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