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Des universitaires avec une conviction : l’importance d’un débat ouvert et accessible

Et si le travail était la solution ?

bandeau rencontres - CopieÀ l’heure où, à l’échelle mondiale, 2 milliards de personnes sont peu ou pas employées sur les 5 milliards de femmes et d’hommes en âge de travailler, et où les perspectives de l’économie mondiale à trois ans sont incertaines, nous avons tous beaucoup de mal à construire des scénarios plausibles pour accueillir d’ici à vingt ans 2 milliards d’individus de plus. Mais là ne s’arrête pas la complexité du thème, car le travail est présenté par certains comme une aliénation, par d’autres comme la source d’un épanouissement de l’individu. Vient s’ajouter ce sentiment de désespérance que nous connaissons si bien, le sentiment diffus que rien ne sera plus jamais comme avant, que plus jamais on n’atteindra l’idéal du plein-emploi. Quant à l’impuissance politique, elle paraît générale, particulièrement en Europe, alimentant toutes les contestations et tous les populismes. C’est à cette montagne de difficultés que nous avons voulu nous attaquer, convaincus, il faut l’affirmer, que le travail n’est pas qu’une souffrance, mais peut être une opportunité, à condition que l’individu y soit pleinement respecté quel que soit son niveau de qualification. Nous sommes également convaincus que l’on peut agir sur les marchés de l’emploi, tant au niveau mondial, qu’au niveau européen ou français.

Jamais, depuis la création il y a quinze ans des Rencontres économiques d’Aix-en-Provence, le Cercle des économistes ne s’était confronté à un sujet d’une telle ampleur. « Et si le travail était la solution ? » Plus que d’une question économique, il s’agit, en fait, d’une interrogation fondamentale sur l’évolution du monde, la croissance européenne, la capacité d’un pays comme le nôtre à sortir du chômage de masse.

Comment procéder ? Dans un premier temps, tenter de répondre aux questions qui éclaireront le discours, c’est-à-dire de comprendre l’impact qu’auront sur les marchés de l’emploi des grandes zones géographiques le vieillissement, la technologie et l’immigration. En un sens, on retrouve là les grandes questions de l’économie politique du XIXe siècle, posées par Smith, Ricardo, Marx, Say, et leur volonté de décrire l’avenir d’une société bouleversée par la révolution industrielle. L’immense talent de beaucoup d’entre eux fut d’être capables de penser un monde en train de se construire, et non de se replonger dans la vision d’un passé qui se renouvellerait à l’infini. A nous de prendre leur relais, et de proposer à l’issue de nos travaux une vision nouvelle de la mobilisation de l’épargne mondiale, qui permette de financer les investissements nécessaires à l’utilisation des ressources naturelles, comme on peut l’imaginer en Afrique pour l’eau et l’électricité. A nos travaux également de redonner une vision dynamique des politiques européennes, qui se donneraient comme ambition de créer un marché européen de l’emploi. A nos travaux de mettre à plat le marché de l’emploi en France, en ne craignant pas d’y inclure les sujets du contrat et du coût du travail et, parallèlement, de la seconde chance à offrir à chacun, surtout à ceux que leur formation ou leur absence de formation maintient aujourd’hui dans une trajectoire sans perspectives. Et puis il y a l’urgence de plus de 5 millions de chômeurs. N’attendons pas de la conjoncture internationale une solution miracle, et exploitons, dès demain, les gisements d’emplois que libéreraient, par exemple dans le bâtiment, une extension du foncier constructible et un effort gigantesque de rénovation urbaine lié à la transition énergétique, ou, dans nos PME, une vraie stratégie de financement.

Redonner un avenir au travail, c’est là l’objectif que nous fixons à ces trois journées, en confrontant les opinions de plus de 250 intervenants venus d’une trentaine de pays, représentant autant les institutions économiques et financières, les chefs d’entreprise, les syndicalistes que le monde académique.

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