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France – Chine : regagner le temps perdu

France CHine

François Hollande en visite à Pekin en avril 2013

Diplomatie économique. François Hollande vient d’effectuer une visite d’Etat de 2 jours en Chine. C’est la première fois que le Président français s’y rend. Sa visite avait deux objectifs : rééquilibrer les échanges commerciaux et renforcer les relations diplomatiques entre les deux pays. Le chef de l’Etat a plaidé pour une réduction du déficit commercial abyssal avec Pékin qui plombe le commerce extérieur français. Ce déficit s’est élevé l’an dernier à près de 26 milliards d’euros, soit environ 40% de la totalité du déficit accusé par l’économie française. 1200 entreprises tricolores sont aujourd’hui implantées dans l’Empire du milieu et y emploient environ 500.000 personnes. 11.000 de nos entreprises exportent aujourd’hui vers la Chine.

En faire plus. Selon Jacques MISTRAL, « la Chine compte de manière déterminante dans toutes les affaires du monde. Le Président de la République a, aujourd’hui, une seule tache : restaurer la confiance au niveau des chefs d’Etat et de gouvernement car de cette relation découle la qualité des relations économiques  ». Le précédent Président avait installé un climat détestable entre Paris et Pékin lorsqu’après la moisson de contrats de quelque 20 milliards d’euros décrochés en 2008 il s’était tourné vers le Tibet et le Dalaï Lama. Sans entrer dans ce débat, l’économiste spécialiste de l’Empire du Milieu souligne qu’« avec les chinois, une amitié trahie ne pardonne pas  ». S’en était suivi une période difficile pour les entreprises françaises implantées localement (projets bloqués ou non dédouanement de containers). Il est vrai que la France a toujours perdu lorsqu’elle a voulu se placer en donneuse de leçon en matière de droits de l’homme.

Guerre des monnaies. La question du yuan, la monnaie chinoise sous-évaluée qui favorise les exportations chinoises, n’a pas été abordée par François Hollande. Cette question est désormais secondaire. Selon Jacques MISTRAL, « depuis janvier 2005, le taux de change réel du Yuan s’est apprécié de 50% face au dollar et à l’euro. Le sujet économique auquel les dirigeants chinois sont de plus en plus sensibles est la question de la compétitivité. Aujourd’hui, les chinois délocalisent des pans entiers de leur activité vers d’autres pays comme le Vietnam ou la Malaisie  ». Autre temps, autres mœurs. La Chine n’est plus un atelier du monde. Elle est de devenue un partenaire à part entière.

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