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Gilets jaunes et CAC 40, comment la Bourse a réagi ?

Sur les marchés financiers, ce dernier trimestre restera synonyme de volatilité. Après un mois d’octobre difficile et un novembre de rebond, reste à savoir comment terminera décembre marqué par le mouvement des «gilets jaunes». Bertrand Jacquillat explique pourquoi les mouvements locaux ne sont pas les seuls éléments de nature à entamer le moral des investisseurs. 

Après un mois d’octobre qui a représenté l’un des pires mois boursiers de ces dernières années, les indices ont retrouvé au mois de novembre des niveaux de performance mensuelle plus en lien avec ce qui était observé depuis le début de l’année. Octobre a donc été conforme à ce qui est devenu une tradition : un mois dangereux pour la Bourse.

Certes le mouvement des gilets jaunes couvait alors déjà, mais il n’a véritablement éclaté qu’au mois de novembre avec la succession des cinq saisons, dont la première au milieu du mois de novembre. Il est malgré tout difficile d’établir un quelconque effet «gilets jaunes» en Bourse, et une réaction propre de la place de Paris par rapport aux autres places : – 9,36% en octobre pour l’indice CAC, mais -6,53% pour le DAX allemand, -7,94% pour le S&P 500, et -6,73% pour le MSCI World. En novembre, peu de différenciation non plus : -0,49% pour le CAC 40, mais -1,66% pour le DAX, 2.89% pour le S&P 500, 0.96% pour le MSCI World.

Ainsi, si le mois d’octobre a vu plonger parallèlement les indices européens et américains, le mois de novembre a vu l’écart de tendance des performances se manifester à nouveau. L’année 2018 poursuit ainsi sa baisse en bourse en Europe, tandis que la performance de l’indice S&P 500 demeure positive.

De nombreux événements, concernant particulièrement les Etats-Unis (discussions sur les accords commerciaux sino-américains, élections de mi-mandat, Thanksgiving, Black Friday et les discours de politique monétaire de la Fed), sont venus animer les marchés au cours du mois de novembre. Les marchés ont réagi positivement aux déclarations de Jerome Powell (Président du Conseil des gouverneurs de la Fed) sur les niveaux de taux directeurs qu’il juge «juste en dessous d’un niveau neutre pour l’économie», et qui sont perçus comme le signe d’une remontée des taux plus modérée qu’anticipée.

Des sociétés peu affectées par les éléments locaux

Les annonces en provenance d’Europe n’ont, en revanche, pas été de nature à modifier les performances boursières américaines et européennes. La décision de la Commission européenne de revoir à la baisse sa prévision de croissance pour la zone euro en 2019 à +1,9%, tout comme la démission de plusieurs ministres en Grande-Bretagne (dont celui chargé du Brexit), suite au projet d’accord trouvé entre Londres et Bruxelles sur le Brexit, ont été particulièrement mal accueillis par les marchés, davantage que les manifestations des « gilets jaunes » et leurs conséquences. Preuve supplémentaire de la mondialisation des sociétés et des investisseurs, peu affectés par des événements somme toute locaux.

Dans l’ensemble, les performances boursières s’inscrivent en baisse dans la quasi-totalité des secteurs. Mais luxe, tourisme et automobile, sont autant de secteurs qui affichent des baisses importantes, non sans rapport avec les gilets jaunes, respectivement de -18,9%, -20,7% et -13,2%.

Dans ce contexte où les taux d’intérêt ont peu évolué (légère baisse du taux du Bund, de -7 bp) et où les marchés ont baissé, la prime de marché actions a augmenté par rapport à fin octobre, à 7,36%. Même si celle-ci s’établit à un niveau supérieur à sa moyenne de long terme, elle est encore loin de s’en écarter de manière suffisamment nette, comme cela a été plusieurs fois le cas depuis dix ans, pour convaincre de l’opportunité à ce stade de revenir sur les marchés d’actions.

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