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Grand emprunt, le retour ?

Le-grand-emprunt-fait-sa-publiciteRelance. Comment désendetter la France et l’Europe ? Comment faire repartir l’économie ? La question est sur les lèvres de tous les dirigeants politiques. En France, l’aile gauche du PS a présenté cette semaine un « plan de relance écologique et social » qui mobiliserait quelque 43 milliards d’euros sur deux ans, en faisant notamment appel à l’emprunt. Deux hypothèses s’offrent alors. Outre un grand emprunt lancé sur les marchés financiers comme l’a fait Nicolas Sarkozy en 2010, il y a la possibilité de mobiliser directement les Français, à l’instar de ce qu’ont fait Antoine Pinay, Valéry Giscard d’Estaing, Raymond Barre ou Edouard Balladur en leur temps. Selon Jean-Paul POLLIN, cette option « permet de ne pas solliciter les marchés et de ne pas être à la merci des sautes d’humeurs des opérateurs. Cela pourrait avoir également un effet psychologique. On fait appel à l’épargne nationale pour des initiatives utiles. Le sursaut national  ».

Expérience difficilement renouvelable. Les Français sont-ils mûrs pour ce genre d’expérience ? Rien n’est moins sûr. Le contexte de défiance politique que nous traversons compromet lourdement l’effet psychologique que pourrait avoir un emprunt populaire auprès des citoyens. Et puis, ce type d’opération reviendrait finalement plus cher à l’Etat. « Il faudrait mobiliser l’ensemble de la filière financière avec les frais afférents. Emprunter directement auprès des Français nécessiterait de rembourser sur du long terme coûteux, or Paris la France recourt aux marchés à tes taux très avantageux sur les court et moyen termes  », explique Jean-Paul POLLIN. « Faut-il changer la règle alors que la dette de la France, non seulement n’est pas attaquée mais, au contraire, est plébiscitée par les marchés ?  », s’interroge l’économiste.

Contexte défavorable. Dans tous les cas, un nouvel emprunt ne ferait que renforcer une dette déjà insupportable. Selon l’économiste, « quand bien même on opterait pour un financement public/privé, avant de relancer l’économie par l’alourdissement de la facture, ne vaudrait-il pas mieux commencer par alléger le fardeau fiscal qui pèse sur les entreprises ? Sans compter ce que diraient Berlin en cas de dérapage supplémentaire ». La France a besoin d’investir sans alourdir ses comptes et « une relance par l’investissement serait une couche de déficit budgétaire supplémentaire qui ne voudrait pas dire son nom ». D’autres options sont sur la table dont une optimisation des fonds d’assurance-vie. Une piste sérieuse rapidement exploitable.

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