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La chute des bourses chinoises peut-elle être contagieuse ?

imagesRetour au calme, mais… Accalmie avant le retour de la tempête ? Après un début d’été agité, les bourses chinoises se sont stabilisées. Sur trois semaines en juin, la bourse de Shangaï a perdu 30%. Lundi 27 juillet, l’indice chinois a même plongé au plus fort depuis 2008, mais sur les douze derniers mois, la bourse de Shangaï avait gagné 150%. On vient donc d’assister à de logiques prises de bénéfices, mais celles-ci n’expliquent pas à elles seules la sévère correction qui, vu le contexte conjoncturel chinois, pourrait bien se poursuivre. Le moteur chinois tousse et les opérateurs doutent de la capacité de la deuxième économie mondiale à tenir l’objectif de 7% de croissance fixé par le gouvernement à Pékin.

Que se passe-t-il sur les marchés chinois ? Selon Patrick ARTUS, le problème initial de la Chine est le recul de la rentabilité de son capital. « Les coûts salariaux unitaires y augmentent beaucoup plus vite que les prix depuis 2012, avec les fortes hausses de salaires décidées par le gouvernement et des tensions sur le marché du travail, mais aussi avec l’excès de capacité de production qui fait reculer les prix », explique l’économiste qui ajoute :  « le recul de la rentabilité du capital explique notamment le freinage de l’investissement des entreprises, la forte hausse des investissements directs de la Chine vers l’étranger, la sortie massive de capitaux et donc des réserves de changes ».

Comment corriger la donne. En clair, que peut faire la Chine pour corriger l’insuffisance de rentabilité du capital ? Patrick ARTUS répond sans sourciller qu’ « il n’y a aucune solution rapide, à l’exception d’une politique de dévaluation du Renminbi (NDLR : la monnaie locale, RMB) qui est très improbable ». Le Directeur de la Recherche chez Natixis est très inquiet au sujet de cette situation. « S’il n’y a plus de moteur de croissance à court terme en Chine, le choc sur l’économie mondiale sera très importante (croissance du commerce, prix des matières premières etc…)… ». Patrick ARTUS voit en une montée en gamme des produits chinois, et le développement des services, une planche de salut. Certains observateurs estiment que ce que connaît l’Europe en ce moment avec la Grèce n’est rien à côté de ce qui se prépare dans l’Empire du Milieu. A méditer.

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