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La France a mal à son industrie

Patrick Artus

Patrick Artus

Tendance dépressive. Les résultats catastrophiques de PSA pour 2012, la situation de Renault, Goodyear, Petroplus – et la liste n’est pas exhaustive – nous rappellent combien l’industrie française est aujourd’hui sinistrée. Pire, selon la société d’études et de conseils Trendeo, notre économie ‘’s’installe dans une tendance dépressive’’. L’année 2012 sur laquelle porte sa dernière enquête a vu la fermeture de 266 usines contre 166 créations. Sur une seule année, le rythme de fermeture s’est accéléré de 42%. En trois ans, ce sont près de 1 100 entreprises qui ont mis la clef sous la porte.

Réallocation de l’outil de production. Le mouvement auquel nous assistons est un mouvement de fond qui ne va pas s’arrêter de si tôt, et qui est très instructif sur la manière dont les cartes sont rebattues en Europe. Selon Patrick ARTUS, « après une délocalisation massive de la production vers les pays émergents, on assiste aujourd’hui à une réallocation de l’outil de production au sein même de l’Europe ». L’économiste précise que « c’est nouveau et en grande partie la conséquence de la crise : les pays qui vont mal ont des coûts de main d’œuvre moins élevés, donc attirent les industries installées dans les pays où les coûts salariaux sont supérieurs ». L’exemple de Renault, qui dégraisse dans l’hexagone mais investit notamment en Espagne, est une des nombreuses illustrations.

Les solutions possibles. Le problème de l’industrie française aujourd’hui est de fabriquer du moyen/bas de gamme qu’elle vend trop cher. Une des solutions est donc de monter en qualité. Selon Patrick ARTUS, « produire plus haut de gamme en France ne résoudra pas les problèmes de Goodyear ou de Petroplus, mais d’autres entreprises viendront s’installer et créer de l’emploi dans des secteurs d’avenir ». Cela impose une tout autre politique économique, pas uniquement basée sur le Crédit d’Impôt Compétitivité Emploi. Rien ne remplacera une réelle baisse de charges aux effets immédiats.

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