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La Grèce ne sortira pas de la zone euro

Vote légitime. Ces derniers mois, pour ne pas dire ces dernières années, les relations entre la Grèce et les institutions européennes ont fait couler beaucoup d’encre. Les élections législatives qui viennent de se tenir dans le pays vont-elles apaiser la situation ? Benoît Coeuré le souhaite de tous ses vœux. « Les grecs ont le choix de leur dirigeants politiques et la BCE n’a rien à dire à ce sujet, insiste l’économiste. Ce qui est important, c’est qu’au lendemain de l’élection chacun retrousse ses manches, les grecs et les européens, pour sortir ce pays de l’incertitude. Pour que l’activité reprenne, pour que le crédit à l’économie reprenne… il n’y a pas de temps à perdre ».

Bluff ou réelle pression ? Au début de l’été, des responsables politiques européens ont clairement brandi la menace d’une sortie de Grèce de la zone euro. « Il fallait analyser cette position des dirigeants politiques et alerter des conséquences d’une sortie possible », reconnaît Benoît Coeuré. Ce dernier précise d’ailleurs qu’aucun cadre juridique n’existe pour la sortie d’un pays de la zone euro. « Aujourd’hui, il y a un débat de fond sur les conditions à réunir pour la Grèce profite pleinement de l’euro. Les grecs le reconnaissent eux-mêmes : il faut des réformes profondes pour que cette économie s’insère bien dans l’Eurogroupe », souligne le membre du Directoire de la Banque Centrale Européenne.

Effort financier européen. Benoît Coeuré n’en démord pas : « nous avons joué notre rôle de prêteur en dernier ressort jusqu’au bout ». Pour preuve : les crédits accordés par l’eurosystème à l’économie grecque sont passés de 40 milliards d’euros (déc. 2014) à 130 milliards en juillet 2015. « A partir du moment où l’argent du contribuable est mis à contribution, il est normal que les politiques se posent la question » du bienfondé du maintient de la Grèce dans la zone euro. Benoît Coeuré se veut rassurant : « Pour moi, la sortie de la Grèce est totalement exclue. Il y a eu un engagement clair du Conseil européen et un plan d’ajustement a été voté par une très grande majorité du Parlement Grec  ». Grâce à la solidarité européenne, Athènes restera Athènes et la Grèce restera en Europe. Le pire est évité.

 

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