Des universitaires avec une conviction : l’importance d’un débat ouvert et accessible

La guerre des générations n’aura pas lieu

Tout porte à penser l’inverse, des étudiants coupés de leur vie normale jusqu’aux débats non résolus sur les problèmes de retraite, de dépendance… Et pourtant, les derniers sondages de l’Ifop montrent qu’un phénomène très fort s’est développé dans cette période si particulière : une solidarité entre les générations .

L’explication en est vraisemblablement que la dureté des temps, pour les uns comme pour les autres, a conduit à ce phénomène si positif d’un rapprochement entre les quatre grandes générations, jeunes, actifs, retraités et grand âge. Il n’empêche, les problèmes sont devant nous et toute relance, si elle se veut réussie, doit avoir pris comme principe de base qu’un rapprochement entre les âges est une exigence première.

Garantie jeunes

Cette politique doit s’appuyer sur un principe simple, celui d’une vraie vision globale intergénérationnelle. Ceci signifie le rejet de mesures prises indépendamment pour les classes d’âge. Dans ce cadre, il faut répondre aux cinq questions que se pose l’ensemble des Français : faut-il instaurer un RSA jeunes ? Faut-il relancer une réforme des retraites ? Faut-il bâtir une politique globale de la perte d’autonomie ? Jusqu’où peut-on transmettre aux jeunes la dette publique ? Et comment redonner aux différentes générations confiance dans les institutions ?

Les réponses doivent être aussi claires que possible sur ces cinq sujets. Faisons-le déjà pour les trois les plus urgentes. Oui, il faut une rémunération minimum pour les jeunes de moins de 25 ans et si l’on doit faire un choix entre le RSA et la Garantie jeunes , c’est la seconde solution qu’il faut privilégier, et donc généraliser. Il semble d’ailleurs que ce soit dans cette direction que s’oriente le gouvernement, une rémunération permettant de vivre avec bien évidemment en contrepartie une formation ou une recherche d’emploi.

Quant à la réforme des retraites, elle s’impose pour des raisons à la fois financières et de justice sociale . Mais elle doit être repensée par rapport à ce que fut le débat houleux d’il y a un an. Les travaux de la chaire « Transitions économiques, Transitions démographiques » montrent qu’il faut sans nul doute un régime par points mais mis en place par étapes . La première doit se concentrer sur la convergence des systèmes des salariés du public et du privé. Ce qui peut représenter déjà une très large amélioration des systèmes existants. Par ailleurs, la société française est, à tort ou à raison, réticente à la modification de l’âge du départ à la retraite. Pourquoi ne pas faire plutôt évoluer le nombre d’annuités nécessaires pour toucher sa retraite pleine, assorti d’un vrai bonus-malus en fonction du nombre d’annuités réalisé ?

Assurance-dépendance

Enfin, demeurent les sujets très douloureux liés à la perte d’autonomie, qui malheureusement prendront de plus en plus d’importance. Ceci doit faire l’objet d’une prise en charge beaucoup plus importante des dépendants et des aidants. De ce point de vue-là, l’assurance-dépendance obligatoire à partir de 40 ans, limitée dans son coût, permettrait de résoudre une très large partie du problème en y ajoutant un dispositif de réassurance publique dans le cas où ce triste phénomène prendrait une ampleur très supérieure aux prévisions.

On le voit à travers ces trois réponses, chacune des générations trouve satisfaction d’une partie de ses souhaits, mais aussi prend en charge les exigences financières et politiques d’une société du vieillissement qui recherche son bien-être collectif. C’est bien une palette de solutions prises globalement qui permettra à notre société de retrouver, à tous les âges, une sérénité souvent perdue et d’éviter de manière très satisfaisante la montée de tensions intergénérationnelles.

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