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L’Allemagne ne peut pas nous donner de leçons

Patrick Artus

Patrick Artus

Coups de griffes. Tout en travaillant à un plan commun de relance de l’investissement en Europe, l’Allemagne n’est pas avare de critiques à l’égard de la France. Berlin est irrité par les déficits français trop élevés à ses yeux. Mais les Allemands sont-ils en position de force ? Non, estime Patrick ARTUS. Selon l’économiste : nos ‘’amis’’ d’outre Rhin « ne peuvent pas tirer la zone euro car, trop concentré sur son équilibre budgétaire, le pays investit trop peu dans ses infrastructures et son industrie et déjà à la pointe ». Paradoxe : le donneur de leçons manque de ressort.

Panne du moteur de la croissance européenne. Ce ne sont pas les appels des économistes ou des politiques qui manquent : Berlin devrait faire plus mais ne peut pas, pour plusieurs raisons. Selon Patrick ARTUS, l’une des raisons relève de la démographie. « L’Allemagne affiche un taux de natalité de seulement 1,2 enfant par femme et sa population va passer de 82 à 74 millions de personnes d’ici à 2050 ». Autre point significatif aux yeux de l’économistes : « l’Allemagne est aujourd’hui un pays de plein-emploi. Son taux d’activité est supérieur à 73% contre 64% pour la France. Conséquence : la croissance potentielle allemande est au faible niveau de 0.5% par an ». imparable.

Panne de l’investissement public. L’Allemagne investit peu dans ses infrastructures publiques. Le niveau de l’investissement dans ce secteur est même supérieur en France. « Le gouvernement allemand vient d’annoncer 10 milliards d’euros d’investissements publics sur trois ans mais n’ira pas plus loin car cela risquerait de remettre en cause l’objectif d’équilibre budgétaire », explique Patrick ARTUS. Dès lors, la France moteur de croissance en Europe ? Cela devrait être le cas selon l’économiste : « notre population est jeune, son chômage élevé et son capital pas assez technologique ». Autant d’atouts ou d’éléments à corriger dans le cadre d’un grand plan d’investissement européen. Mais à une condition aux yeux de Patrick ARTUS : « faire revenir l’épargne allemande en Europe. Echaudés par la crise de 2008, les allemands ont préféré placer leurs économies ailleurs dans le monde ». Un retour au bercail serait non seulement le bienvenu, surtout très utile.

 

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