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L’avenir énergétique mondial à l’aune du charbon

charbonCroissance noire. L’Agence Internationale de l’Energie publie un rapport alarmant sur le volume de charbon que nous allons consommer dans les prochaines années pour produire de l’électricité. L’AIE prédit un taux de croissance légèrement moindre de la demande d’ici 2018, mais elle estime que cette croissance restera « intenable » pour la planète. Le charbon deviendra au cours des 2 ou 3 prochaines années la première énergie consommée devant le pétrole. Rien d’étonnant aux yeux de Jean-Marie CHEVALIER, car l’anthracite « est aujourd’hui la matière la moins cher pour fabriquer de l’électricité. Pour preuve, la chine construit plusieurs centrales tous les mois et 80% de production électrique chinoise se fait sur la base du charbon  ». Et cela va continuer. L’Inde suit le même chemin.

Ressource géopolitiquement sûre. Il y a la demande croissante des pays asiatiques et l’incapacité des occidentaux à exploiter les solutions alternatives. La Chine est le premier consommateur mondial depuis 1984 et dans les 5 prochaines années, l’Empire du Milieu comptera pour 60% de la hausse de la demande. « Quant à l’Europe, elle reste divisée sur une mise en valeur des énergies renouvelables, toujours trop chères à produire  », regrette l’économiste. Sans compter l’épineux débat autour du gaz de schiste. « Grâce à cette ressource, les Etats-Unis disposent aujourd’hui d’une énergie moins chère. Comme ils n’ont plus besoin de leur charbon, ils nous le revendent à prix cassés ». Nous en sommes bien contents, faute de mieux.

Mix énergétique. Parmi les solutions, la Grande-Bretagne mise sur le mélange des énergies. Quant à l’augmentation du prix du carbone, Jean-Marie CHEVALIER estime qu’ « elle aurait pour effet de pénaliser le charbon au profit du gaz naturel et des renouvelables. Aujourd’hui, la tonne de CO2 émise coûte 7 euro. La bonne fourchette serait comprise entre 40 et 60 euros la tonne ». Et l’économiste de conclure : «  tout le monde est d’accord sur le constat mais personne ne veut y aller ». « Dans ce contexte, il y a fort à parier que la conférence environnementale prévue à Paris en 2015 n’aboutisse à rien ». Manque de volonté politique et querelles idéologiques devraient avoir raison de ce rendez-vous pourtant de première importance.

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