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Le retour de la taxe Tobin

taxe tobinRisque. La taxe sur les transactions financières revient sur le devant de la scène. Dérivé de la « taxe Tobin », le projet européen est de recueillir de l’argent pour soutenir les pays en développement, lutter contre le réchauffement climatique et freiner la surfinanciarisation de l’économie. Le dossier a récemment rejailli avec les déclarations du Gouverneur de la Banque de France. Christian Noyer estime que la future taxe, telle que conçue par Bruxelles, représenterait « un énorme risque » pour les pays qui l’appliqueraient. Elle déclencherait la destruction de pans entiers de l’industrie financière, provoquant une délocalisation massive d’emplois et porterait atteinte globalement à la reprise. Rien de moins.

Relativiser. Selon Jean-Paul POLLIN, « pour être efficace, une telle taxe peut être envisagée uniquement si elle s’applique à tout le monde. L’industrie financière étant délocalisable instantanément, l’absence d’un consensus international pourrait effectivement poser problème à un pays ou une zone entière ». Et l’économiste de s’interroger : « Peut-on laisser se développer sans contreparties une industrie financière déjà hypertrophiée ? En 2010, les transactions sur le seul marché des changes ont atteint 1 million de milliards de dollars… 65 fois le volume du commerce mondial. En 1970, ces transactions représentaient environ 20% du PIB mondial  ».

Taxe vertueuse. « Si une taxe Tobin moderne pouvait apporter un peu de clarté dans cette industrie financière qui vit aujourd’hui au rythme de la nanoseconde, si on y voyait un peu plus clair, ca serait déjà un grand pas  », plaide Jean-Paul POLLIN. Le trading de haute fréquence représente aujourd’hui 60% de l’activité de marché aux Etats-Unis et 40% en Europe. Imposer les transactions ou en réduire le montant permettrait-il d’améliorer l’efficience du système ? Bruxelles et plusieurs capitales européennes le pensent. Le plus difficile sera de convaincre Londres et Luxembourg qui, pour l’instant, ont choisi de rester en dehors de la mêlée.

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