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L’union bancaire avance lentement mais surement

union bancaire 2Sécuriser le système bancaire. Les ministres des Finances de la zone euro se sont réunis pendant deux jours cette semaine pour faire avancer le dossier. Ils se sont entendus sur les bases d’un accord politique concernant le futur mécanisme de résolution unique (MRU) des crises bancaires, mais beaucoup reste à faire. « Toutes les banques de la zone euro sont liées entre elles, soit parce qu’elles ont acheté des banques d’autres pays de l’Eurogroupe, soit parce qu’elles détiennent de la dette souveraine d’autres pays de la zone. L’objectif est de s’assurer d’avoir un mécanisme en place pour les répercussions d’autres pays », rappelle Laurence BOONE. Et l’économiste de souligner les trois piliers de l’édifice : « un superviseur unique prévu pour l’automne 2014 ; une autorité de résolution unique en cas de problème, avec un processus clairement établi ; une garantie de dépôt harmonisée entre tous les pays de la zone euro  ».

Démantèlement des banques en faillite. C’est l’autre volet important de ces négociations autour du MRU. Deux questions se posent alors : qui décide et qui paie ? Mais on touche là, à la fois à la souveraineté et au financement, ce qui complique l’exercice. «  L’objectif est d’éviter une nouvelle crise comme celle déclenchée en 2008  », rappelle Laurence BOONE. Les ministres s’étaient déjà entendus pour que les plus gros actionnaires des banques soient les premiers mis à contribution en cas de pertes ou de démantèlement. Pour le reste, « les enjeux politiques font que les gouvernements n’ont pas envie de transférer tous les pouvoirs à la Commission européenne pour qu’elle décide de tel ou tel plan de redressement  ».

Point d’achoppement. Le fait que la Commission européenne ait le dernier mot fait tiquer l’Allemagne. Un autre point chagrine nos voisins d’outre Rhin : les bases juridiques du futur mécanisme et de financement des restructurations. «  On peut imaginer qu’en l’absence d’une autorité de supervision, un gros pays aura certainement un pouvoir d’influence beaucoup plus fort et essaiera de payer le moins possible  », reconnaît l’économiste. Des avancées donc, mais encore beaucoup de travail en perspective. Les ministres des Finances doivent de toute façon trouver un compromis avant la fin de l’année pour que le texte soit définitivement adopté avant les élections européennes de mai 2014.

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