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Mars, une chance pour le spatial français

marsL’Agence spatiale européenne vient de relancer son programme Mars en envoyant, à nouveau, une sonde vers la planète rouge. Ce succès est l’occasion de faire un point d’ensemble de ce grand projet de notre époque qu’est le spatial et d’analyser les grandes tendances.

L’enjeu est de savoir si, et comment, l’Europe peut tenir son rang dans la mondialisation du spatial high-tech américain et le low-cost des puissances émergentes – Chine, Inde, qui frappent à la porte du club. Les grands projets technologiques ont besoin du rêve. Ils coûtent cher aux finances publiques et requièrent le soutien constant de l’opinion publique pour obtenir et maintenir des budgets conséquents. C’est donc elle, au-delà des décideurs politiques, qu’il faut convaincre.

Hier c’était l’objectif Lune qui faisait rêver, aujourd’hui c’est Mars. Mais faire rêver ne suffit plus. Il faut aussi démontrer l’utilité économique et sociale et les retombées vers d’autres secteurs.

L’Europe fait bonne figure, sous leadership français. Elle partageait avec les Etats-Unis le rare privilège d’avoir atteint l’orbite martienne, avant que l’Inde ne les rejoigne en 2014 avec sa sonde low cost Mangalyaan. Et surtout le remarquable succès commercial des services de lancement : Ariane vient d’aligner son 71e succès d’affilée, poursuivant son sans-faute depuis plus de treize ans, tandis que les premières démonstrations de récupération du premier étage des fusées interviennent aux Etats-Unis et posent la question de leur possible réutilisation.

Ces exemples montrent combien le contexte international change radicalement. D’un côté, la croissance rapide des moyens, des compétences et des ambitions de nombre de puissances émergentes dont la Chine et l’Inde. De l’autre, la mutation profonde du secteur spatial aux Etats-Unis, avec l’apparition de nouveaux acteurs privés et de venture capital appliquant à l’espace les techniques et les modèles de la Silicon Valley. Avec l’ambition de faire des communications par satellites les outils essentiels de l’ère numérique.

Du Brésil à la Corée, en passant par les Emirats arabes unis, Singapour ou le Pérou, les investissements publics dans le spatial se multiplient. Et ce phénomène va d’autant plus s’amplifier que le champ des applications ne cesse de s’élargir : ainsi le domaine du changement climatique. Aujourd’hui indispensables à l’étude des paramètres du changement climatique, les satellites seront demain les instruments de mesure et de contrôle des émissions de gaz à effet de serre.

Le NewSpace trouve son origine dans l’intérêt pour l’espace d’entrepreneurs voulant transformer les activités spatiales, en faisant du cosmos une nouvelle frontière.

C’est dans ce contexte qu’on peut se demander si la France et l’Europe peuvent relever ce double défi avec succès. Elles disposent à cet effet de nombreux atouts, à commencer par une industrie de tout premier plan mondial et des agences spatiales innovantes. Il faut à la fois des réponses très innovantes et agir pour conforter les positions fortes de l’industrie spatiale française.

Il en est ainsi de l’engagement, dès 2014, du programme Ariane 6, dans un cadre européen, afin de diviser par deux le prix des lancements commerciaux et institutionnels. Côté satellites de télécommunications, l’accent mis sur la propulsion électrique permet de baisser drastiquement le coût du mégabit en orbite. En matière d’observation de la Terre et de changement climatique, chaque filière française dispose désormais d’un programme innovant. Enfin une bonne raison pour l’Europe et pour la France de ne pas céder à la délectation morose d’un déclin soi-disant inéluctable.

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