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Mon mobile sera-t-il mon banquier ?

Orange vient d’annoncer la reprise de 67% du capital de Groupama Banque. Le premier opérateur télécom français entend ainsi se développer dans les services financiers. Selon Dominique Roux, membre du cercle des économistes, cette opération est emblématique de la révolution qui se prépare dans le secteur bancaire.  

« Les technologies numériques ont introduit une mutation quasi génétique », disait le célèbre directeur du MediaLab du MIT, Nicholas Negroponte. Il avait raison : sa prédiction se réalise parfaitement aujourd’hui dans l’utilisation que l’on fait de son mobile. Cet objet sert bien sûr à téléphoner, mais aussi grâce à l’amélioration de ses fonctionnalités et de son design, du développement des c apacités de ses réseaux, devient une sorte de véritable couteau suisse qui permet l’envoi de textes, d’images, de données, de voix et de sons. Il favorise ainsi le développement d’une multitude de nouveaux services.

Toutes les activités d’intermédiation sont touchées, on le voit avec la floraison de nouveaux services comme Blablacar, Uber, Booking ou Airbnb. Et donc, aussi, les activités financières et bancaires.

Deux domaines sont en train de se développer en matière bancaire via le mobile : le m-banking qui concerne les différentes opérations traditionnelles comme le crédit et le m-paiement, encore appelé le paiement sans contact, qui simplifie pour le consommateur les transactions puisqu’il ne faut plus ni code ni numéro de compte. Tout passe par la puce du téléphone qui, par ailleurs, permet un gain de temps et de coûts pour les commerçants.

Ces nouveaux services devraient limiter aussi très sérieusement la fraude aux paiements par chèques et cartes bancaires. 900 000 d’entre-elles sont piratées chaque année en France !

Cette nouvelle forme de paiement est non seulement un facteur de performance pour les entreprises mais correspond aussi aux attentes de la nouvelle génération, « les milleniums », qui est adepte du ATAWADAC : Any Time, Any Where, Any Device, Any Content (N’importe quand, n’importe où, avec n’importe quel terminal, pour n’importe quel contenu). Cette dématérialisation des activités bancaires et financières est à présent entrée dans une phase active.

Les banques ont commencé en premier avec, par exemple, le rachat de NRJ Mobile par le Crédit Mutuel, les partenariats de BNP Paribas et Orange, ou celui de la Caisse d’épargne avec l’opérateur Simplicite. Les opérateurs de téléphonie s’y sont mis à leur tour. Orange vient d’annoncer ses discussions avec Groupama pour créer un ensemble de services bancaires Orange Banque via les mobiles dès l’année prochaine. Si aujourd’hui, 15% des mobinautes se connectent à leur banque par leur mobile, ils sont 81% à le faire par Internet fixe, le marché potentiel est donc immense.

On constate que ce phénomène est mondial. Il se développe très rapidement depuis plusieurs années dans les pays émergents, comme ceux de l’Afrique qui comptent déjà plus de 100 millions d’utilisateurs, selon le Boston Consulting Group, avec un chiffre d’affaires d’un milliard de dollars et qui devrait atteindre les 250 millions d’usagers d’ici trois ans !

 

Ces innovations vont stimuler le secteur bancaire qui est un peu sclérosé, on pourra changer de banques plus facilement

Efficacité, souplesse et sécurité sont les maîtres mots du m-banking. Mais il est clair que le développement de ces nouvelles relations avec son banquier et du paiement sans contact va par ailleurs entraîner une remise en cause de la structure et de l’organisation des réseaux bancaires, dont le nombre d’agences et le nombre de salariés (370 000 CDI en France) vont sans doute être remis en question.

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