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Mur budgétaire américain : les difficultés d’une démocratie moderne

mur budgétaire cropCrise d’austérité éloignée. L’accord conclu entre républicains et démocrates américains pour éviter le mur budgétaire concerne uniquement des mesures de court terme. Les deux camps avaient jusqu’au 31 décembre minuit pour trouver un consensus sur les moyens de remettre à flot l’économie américaine surendettée. Eviter une hausse massive d’impôts touchant tous les américains, et une baisse drastique des dépenses. Pour Anton BRENDER, « l’accord permet d’éviter une récession immédiate car il épargne 98% de la population américaine de l’augmentation des impôts, prolonge le paiement des indemnités chômage et prévoit la renégociation de coupes budgétaires dans les 2 prochains mois. Les mesures « vitales » sont sauvegardées ». Pour autant, rien n’est réglé sur le fond car il va falloir maintenant négocier les coupes dans les dépenses et relever le plafond de la dette pour permettre à l’Etat de continuer à fonctionner.

Concessions démocrates et républicaines. « En acceptant des hausses d’impôts pour les revenus supérieurs à 450.000 dollars par an alors qu’ils avaient placé la barre à un million, les Républicains ont fait des concessions, tout comme Barack Obama qui voulait imposer les foyers dès 250.000 dollars de revenus annuels », souligne Anton BRENDER. Face à un Barack Obama pressé par le camp démocrate mais n’ayant plus rien à perdre après sa récente réélection pour un dernier mandat à la Maison Blanche, les Républicains ne pouvaient camper sur des positions trop impopulaires, au risque de ternir leur image dans la prochaine course à la présidentielle.

Postures politiques. Pour l’économiste, il ne s’agit pas des traditionnelles querelles politiciennes. « On touche à la conception même du rôle de l’Etat : comment gérer les déficits, comment utiliser les recettes et les dépenses… cette divergence de vue très politique paralyse aujourd’hui l’ensemble des économies développées ». Des Etats-Unis au Japon en passant par l’Europe, les accords de court terme masquent l’impossibilité de se retrouver sur de vraies solutions de long terme. Paradoxe de nos démocraties modernes. Un de plus.

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