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Quelles solutions pour la survie d’Areva ?

ArevaRien ne va plus. A quelques jours de la présentation des résultats 2014, la pression monte chez Areva, le leader français du nucléaire. Le groupe qui affiche plus de 5 milliards de pertes doit présenter le 4 mars un plan stratégique pour sortir de l’ornière. A la crise financière de 2008 a succédé l’hiver nucléaire post-Fukushima en 2011, à quoi on ajoutera les déboires autour du réacteur nouvelle génération EPR à Flamanville et en Finlande, ainsi que les activités dans les énergies renouvelables devenues moins attractives avec la renaissance des énergies fossiles. Selon Patrice GEOFFRON, « Areva se retrouve dans des perspectives très différentes de celles envisagées dans les années 2000. Il était alors question de renaissance du nucléaire et aujourd’hui c’est l’incertitude qui demeure ».

Le ton est donné. Les rumeurs sont de plus en plus insistantes sur une inéluctable restructuration d’Areva dont personne ne sortira indemne, pas même l’Etat, actionnaire du groupe à 87%. « Il faut aller au bout de l’opération vérité sur les comptes avant d’envisager quoi que ce soit », explique l’économiste spécialiste des questions énergétiques. Et de poursuivre : « une nouvelle direction est en cours d’installation après le décès du directeur général, Luc Oursel. La volonté de ce dernier était de vendre une dizaine d’EPR à l’horizon 2016. Dans ce secteur, il est compliqué de se donner de la flexibilité » pour faire face à de lourds changements contextuels comme ceux engagés depuis la crise de 2008.

Croisée des chemins. Le groupe doit prendre des décisions stratégiques majeures. Quid du business model extraction / construction de réacteurs nucléaires / démantèlement ? Areva devra céder des actifs. Lesquels ? Enfin, quel avenir pour les relations avec EDF, partenaire historique ? « Une fusion me paraît totalement hypothétique. En revanche, il va falloir repenser en profondeur les synergies entre ces deux grands acteurs de l’énergie », explique Patrice GEOFFRON. Autre piste possible aux yeux du directeur du Centre de Recherches sur la Géopolitique de l’Energie et des Matières Premières : « la cession par l’Etat français de certaines participations dans des entreprises publiques pour participer à la recapitalisation d’Areva ». Tout reste ouvert, tout reste à faire… dans un secteur très délicat où les discussions entre partenaires industriels sont très sensibles.

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