Des universitaires avec une conviction : l’importance d’un débat ouvert et accessible

Relancer la France

Au cours des Rencontres économiques d’Aix-en-Provence, des évidences se sont imposées à nous. La première évidence, pour l’économie française, c’est le déficit de qualifications. Les trop nombreux emplois non pourvus faute de compétences adéquates en sont une illustration.

Jamais nous ne pourrons développer un modèle économique et social robuste si nous ne mettons pas le capital humain, la formation et les qualifications au coeur de nos préoccupations. Il faut donc agir à tous les niveaux, et commencer par donner la priorité au financement de l’éducation dès la petite enfance où se déterminent les inégalités.

En parallèle, nous devons intégrer massivement les entreprises dans le processus de développement des qualifications tout au long de la vie et de requalification du 1,5 million de jeunes qui ne sont ni en emploi, ni en études, ni en formation (NEET).

Un « Grenelle des bas salaires »

La crise a hystérisé les liens entre générations, soulignant la solidarité, mais aussi les profondes fractures qui existent entre elles. Il nous faut apaiser ces relations intergénérationnelles et miser sur notre jeunesse qui se sent aujourd’hui « sacrifiée », par la généralisation de la Garantie jeunes à tous les étudiants , les apprentis, les jeunes travailleurs précaires et les NEET, indépendants financièrement.

La réforme des retraites est indispensable , et doit figurer parmi les points structurants des programmes présidentiels. Nous sommes persuadés qu’il faut mettre l’augmentation des annuités au coeur de cette réforme avec des dispositifs complémentaires de solidarité à la hauteur des enjeux de notre société vieillissante.

Qu’en est-il de la « première ligne » ? De ces métiers dont nous ne pouvons plus ignorer le manque de considération salariale au vu de leur utilité sociale et de leur pénibilité ? Lançons un « Grenelle des bas salaires » pour encourager le dialogue social entre les syndicats salariaux et patronaux afin d’augmenter les minima salariaux des branches professionnelles dont les salaires sont les plus faibles. Dans la fonction publique aussi, revalorisons la rémunération du personnel hospitalier et également celle des enseignants et des enseignants-chercheurs.

Utilisation efficace de l’épargne

Nous sommes conscients qu’ une partie des propositions formulées suppose un financement public supplémentaire . Il convient de faire évoluer le cadre monétaire et budgétaire français et européen avec un principe simple : un centre de coût devient un centre budgétaire autonome. Cela ne suffira vraisemblablement pas et il faut envisager une réallocation des dépenses publiques qui permette de ne pas augmenter le niveau des prélèvements obligatoires.

Ces sujets constituent le coeur des problématiques traitées dans nos « Dix exigences pour la présidentielle », publiées à l’issue des Rencontres. La situation dans laquelle nous nous trouvons demande une approche bien plus large , qui comprenne notamment des propositions relatives à l’utilisation efficace de l’épargne des Français pour l’investissement, à la compétitivité industrielle, aux innovations de rupture, à la coopération internationale autour de la cybersécurité et, évidemment, à la transition écologique. C’est ainsi que nous saisirons l’avenir, ensemble !

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