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Technologies : les pépites de demain

La France peut combler son retard et rester dans la course technologique en s’appuyant sur ses startups. Dominique Roux explique comment ces nouvelles entreprises sont en train de modifier le paysage économique dans quasiment toutes les régions françaises.

 

Ces jeunes pousses, ces entreprises en démarrage à fort potentiel de croissance, apportent l’innovation indispensable pour sortir des difficultés actuelles grâce à leur agilité pour stimuler la croissance. Leur potentiel de développement se mesure par leur scalabilité c’est-à-dire leur capacité à créer des économies d’échelle et ainsi changer le monde.

Partout, on ne compte plus les incubateurs, les pépinières et les technopoles qui sont des lieux de transformation du management. Il faut rappeler que toutes les grandes entreprises qui dominent le numérique ont commencé par être des startups, sorte de passage obligé. Cela a été, entre-autres, le cas de Hewlett Packard et de Intel en passant par Apple, Google et YouTube, etc.

Le financement est multiple. On commence souvent par de la « love money » en faisant appel à ses proches que l’on appelle aussi les 3C : Cousins, Copains, Cinglés ! Puis on passe au Seed (semence en anglais) c’est-à-dire un tour de table avec des business angels, des fonds d’amorçage et des capital-risqueurs.

KPMG, dans une étude récente, a dénombré plus de 10 000 startups en France en 2020, avec une croissance de 20% par an. Elles ont levé l’année dernière près de 5 milliards et demi d’euros, 25% de plus que l’année précédente et elles se placent en Europe en deuxième position derrière le Royaume-Uni mais avant l’Allemagne. Elles ont en outre créé 25 000 emplois.

L’Ile de France, compte tenu de son importance économique et géographique, est en tête dans ce domaine. Mais d’autres pôles régionaux d’innovation ont une position non négligeable comme l’Auvergne Rhône Alpes, la Nouvelle Aquitaine ou Provence-Alpes-Côte d’Azur.

Les startups se développent dans tous les secteurs : Fintech, économie, marketing digital, immobilier, Big Data, hightech, distribution, santé.

La France est même devenue une « Start-up nation » avec comme porte-flambeau la Station F créée par Xavier Niel qui est aujourd’hui, avec 34 000 mètres carrés et 3 000 stations de travail, le plus grand campus de startups du monde, elle regroupe dans le même espace des entreprises comme Microsoft, Thales, Amazon, Ubisoft, des écoles de gestion (HEC, INSEAD, EDHEC) et d’ingénieurs (Arts et Métiers, Ponts et chaussées), des universités et plus de 1 000 nouvelles entreprises dont l’âge moyen des dirigeants est de 30 ans. Ce nouveau modèle attire d’ailleurs de plus en plus les jeunes.

C’est évidemment très encourageant. Si on a marqué des essais, il faut à présent les transformer. Pour cela, des moyens financiers sont nécessaires mais aussi des compétences que l’on doit acquérir par un vaste effort de formation première ou permanente. N’oublions pas non plus qu’être startuper, c’est aussi et d’abord un état d’esprit.

L’objectif d’une startup est de devenir une « licorne » avec 1 milliard de dollars de capitalisation. Il y en a plusieurs centaines dans le monde, essentiellement aux États-Unis et en Chine, et seulement une dizaine en France comme Blabacar, Voodoo, Doctolib, OVHcloud, Meero, ContentSquare, etc. Nous sommes encore derrière le Royaume-Uni, la Suède, l’Allemagne, les Pays Bas et Israël. La route est encore longue mais les startups sont l’avenir du rattrapage français du numérique.

 

#TechForFrance « La France est-elle toujours dans la course technologique ? »

Le 6 avril, le Cercle des économistes organise une journée événement depuis Grenoble et réunit 40 acteurs de la Tech.

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