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Ukraine : les marchés financiers, chambre d’échos des crises internationales

ukraine-finance-minister-resigns-after-15-billion-imf-loan-blockedTurbulences. Les marchés financiers ont vivement réagi aux développements de la situation géopolitique en Ukraine et en Crimée. Lundi 3 mars, dans la foulée de la bourse de Moscou qui avait perdu 11%, Paris a terminé la séance sur une perte de 2,7% (Francfort 3,7%, Londres 1,5%). Selon Anton BRENDER, « nous sommes entrés dans une zone de fortes turbulences ». Et l’économiste d’ajouter : « C’est normal. Le contraire serait étonnant. Que les bourses ne réagissent pas aux événements géopolitiques serait aberrant ! La bourse, c’est la chambre d’échos de tous les risques de la planète, qu’ils soient économiques ou politiques  ».

Prise en compte des risques. La bourse ne reflète pas uniquement l’état de santé des entreprises. « Quand la bourse porte un jugement sur la valeur des actions, elle le fait en évaluant les bénéfices futurs des entreprises mais elle prend aussi en compte l’incertitude qui pèse sur leur avenir  », insiste Anton BRENDER. Selon le directeur des Etudes économiques de Dexia Asset Management, « le principe d’une place financière est de poser la question : est-ce que demain je pourrai vendre ou pas mes titres au même prix qu’aujourd’hui ? Cela ne veut pas dire que telle ou telle entreprise fait moins de bénéfices, cela veut dire que je risque d’acheter moins cher. Dans les marchés boursiers, il y a toujours une prime de risque. Aujourd’hui, cette prime monte et cela se traduit par une baisse des cours ».

Prudence. Les investisseurs qui sortent de la bourse vont réinvestir leur argent dans des produits moins risqués. « Certains se replient sur leurs comptes bancaires, d’autres se dirigent vers des sicav monétaires, achètent de l’euro ou du dollar », précise Anton BRENDER. Une autre option est d’acheter de la dette de pays ne présentant pas de risques particuliers. C’est le cas de l’Allemagne et de la France. Cette prudence va se prolonger. Les opérateurs vont continuer à observer de très près l’évolution de la situation dans les anciennes républiques soviétiques. « Les marchés perdront encore s’il y a des coups de feu ou des affrontements en Ukraine », affirme l’économiste Professeur à l’Université Paris-Dauphine. On ne fait qu’entrer dans une zone de fortes turbulences.

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