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Une annulation de dette trop coûteuse

La Banque centrale européenne tient un rôle clef dans la survie financière à très court terme de la

Agnès Bénassy-Quéré

Agnès Bénassy-Quéré

Grèce. Conscient de ce fait, le ministre de l’Economie et des Finances du nouveau gouvernement fonde beaucoup d’espoirs dans l’établissement francfortois. Mais Yanis Varoufakis ne doit pas entretenir de vains espoirs : une annulation de la dette de son pays n’est pas à l’ordre du jour. Comme le résument les mots concis d’Agnès Benassy : « annuler la dette serait trop coûteux pour les européens ». La dette grecque représente 2% du PIB de l’Eurogroup. Les Allemands portent 25% des risques, les Français 20%, les Italiens 12%.

Renégociation possible. Dans un entretien accordé récemment au journal Le Parisien Aujourd’hui en France, la présidente déléguée du Conseil d’Analyse économique rappelait que « L’essentiel de la dette grecque est détenu par le FMI et les européens ». Et que « grâce à cela, Athènes emprunte aujourd’hui à des taux d’intérêt très bas ». Pour Agnès Benassy, il est possible d’abaisser un peu les taux ou allonger les délais de remboursement. « Selon l’Institut Bruegel, nous pouvons encore négocier pour faire passer la dette de 175 à 159% du PIB. Mais les créanciers européens accepteront cette renégociation uniquement si la Grèce fait des contre-propositions », insiste l’économiste.

Parallèles inexacts et dangereux. Peut-on comparer la Grèce et la France ? Cela serait une erreur selon Agnès Benassy. Autrement plus problématique que le cas français, « la situation sociale grecque est catastrophique mais elle se redresse un peu sur le volet économique (…). Notre pays n’est pas dans un état de catastrophe sociale ». Et à ceux qui estiment que les dernières élections législatives en Grèce montrent la voie à la France, l’économiste répond que la Grèce a fait beaucoup plus d’efforts que nous. « Serions-nous prêts à mettre sur la table, par exemple, une ambitieuse réforme du travail ? », interroge Agnès Benassy en conclusion. Comparaison n’est pas raison… encore moins dans le cas présent.

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