fbpx

Des universitaires avec une conviction : l’importance d’un débat ouvert et accessible

Vade mecum monétaire

Una foto d'archivio della sede della Banca centrale europea. Il consiglio Bce "é pronto" a partire con gli acquisti dei titoli di Stato dei Paesi in difficoltà sugli spread, "sempre che le condizioni imposte dai programmi siano integralmente rispettate". Lo scrive oggi 11 ottobre 2012 la stessa Bce nel Bollettino mensile, ricordando che il piano anti-spread ha allontanato i timori di "scenari nefasti". ANSA/ARNE DEDERTEst-ce que vous vous rendez-compte, que cela fait bien deux mois que je ne vous ai pas parlé de politique monétaire ? Or aujourd’hui, c’est irrésistible : tous les ECB watchers, ces exégètes de la BCE, sont sur le pont. Depuis plusieurs semaines, le Président de la BCE, Mario Draghi, ainsi que plusieurs membres du Directoire, ont distillé des signaux laissant présager des décisions importantes lors du prochain Conseil des gouverneurs (aujourd’hui, donc) pour lutter contre le risque de déflation. Super-Mario n’a-t-il pas parlé de reprise « très très lente » ? N’a-t-il pas lourdement insisté sur le manque de crédit qui étrangle les PME espagnoles et portugaises ? Hélas, le sujet étant particulièrement technique, j’ai peur que vous ne goûtiez pas à leur juste valeur les annonces qui seront faites cet après-midi au sommet de l’Eurotower à Francfort. C’est pourquoi je voulais ce matin vous offrir un petit vade mecum.

Pour commencer, rappelons que la BCE est la banque des banques de la zone Euro : elle leur prête de la monnaie qu’elle imprime et prend en gage des obligations publiques et privées qui seront saisies en cas de non remboursement du prêt. Ce service de liquidité est facturé à un taux appelé taux de refinancement, actuellement de 0,25%. En retour, les banques peuvent déposer leur argent à la BCE au taux des facilités de dépôt qui est lui de 0%. Les banques ne gagnent rien à déposer leurs liquidités à la banque centrale, mais elles le font quand même car c’est une sécurité en cas de besoin inopiné, dans un univers qui reste agité. Mais au lieu de prêter, la BCE peut aussi racheter aux banques des obligations publiques ou privées. Dans ce cas, la propriété des titres, et le risque afférent, lui sont transférés. Voilà la toile de fond. Partant de là, que pourrait décider la BCE aujourd’hui ?

Première possibilité (la plus probable) : une baisse conjointe du taux de refinancement et du taux des facilités de dépôt. Ce dernier étant déjà à zéro, il deviendrait négatif – on parle de -0,1%. Les banques rémunéreraient donc la BCE pour que celle-ci conserve leur liquidité en lieu sûr. L’idée de la BCE est qu’elles aient mieux à faire de leur argent, par exemple le placer à l’étranger où les taux sont positifs, ce qui ferait baisser l’euro.

Deuxième possibilité (assez probable) : une opération de refinancement à long terme ciblée sur les prêts aux entreprises. Les banques seraient incitées à prêter aux PME par le refinancement offert par la BCE à un taux très avantageux. Cela desserrerait l’étau pour les entreprises, notamment en Espagne, au Portugal et en Italie. Troisième et dernière possibilité (pas exclue) : des achats de titres de dette privée, en particulier des titres adossés à des prêts aux PME, ce qui encouragerait encore plus les banques à prêter. En revanche, les chances sont faibles que la BCE annonce des achats de titres de dette publique dans le cadre d’une grande opération d’assouplissement destiné à redresser l’inflation. Super-Mario n’a pas caché sa volonté de le faire en cas de besoin mais c’est un casus belli avec l’Allemagne. Assouplissement : oggi ; transgression : domani. Voilà mon pronostic.

Chronique diffusée sur France Culture le 05 juin 2014

Les Thématiques