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Quelle vie économique et financière après le Brexit ?

13393968_10154333357169752_8428931842752593270_nLes 16e Rencontres Economiques d’Aix-en-Provence organisées par le Cercle des économistes viennent de se tenir du 1ier au 3 juillet. De façon prémonitoire, elles se sont interrogées sur ce que l’on attend d’un pays dans un monde de turbulences. En marge du référendum sur le Brexit, ce thème a pris toute sa valeur jusque sur les marchés et dans les entreprises.

Les différentes sessions se sont presque toutes interrogées sur la protection offerte par les institutions supranationales, européennes ou mondiales, par rapport aux nations et aux collectivités locales. Si certains y voient une source de risque plutôt que de sécurité, les discussions ont plutôt mis en valeur le rôle fondamental joué par ces institutions dans la paix en Europe et dans la prospérité des nations.  Les affaiblissements de souveraineté qui ont pu être observés ici ou là ont en général résulté de l’insuffisance des réformes structurelles, voire de l’inefficience persistante de certains choix nationaux, à l’encontre des recommandations internationales.

Mais, il est un point sur lequel les institutions supranationales ont été insuffisamment efficaces dans le passé, c’est celui de la gestion de la globalisation elle-même. La crise financière que nous connaissons depuis 2007 a ainsi mis en évidence l’insuffisante coopération entre les autorités nationales de contrôle des banques et des assurances. Le Cercle des économistes en conclut qu’il faut renforcer la coopération entre les nations, mais aussi avec la société civile, notamment avec les entreprises qui sont les forces motrices de la mondialisation et de ses bénéfices.

De façon cohérente, le Cercle des économistes plaide pour une approche coopérative du Brexit : le Royaume-Uni comme l’Union européenne, les ménages comme les entreprises, ont intérêt à une sortie qui préserve des liens fort entre les deux. Il reconnaît toutefois qu’il ne saurait y avoir une Europe unique pour tous et que, pour s’adapter aux particularités nationales, il faut accepter le principe d’une Europe à plusieurs vitesses et réserver des politiques de plus forte intégration à un noyau dur, potentiellement représenté par la zone euro.

Le Cercle propose ainsi de relancer l’Union européenne autour de quatre axes : celui de la fiscalité pour offrir aux entreprises un environnement européen attractif, celui de la gestion des frontières de l’Europe afin de s’assurer qu’elle soit effectuée dans des conditions d’efficacité optimale, celui de la recherche et de l’innovation pour retrouver une croissance suffisante de la productivité et celui de la défense et de la sécurité, avec notamment la création d’une force d’intervention rapide européenne.

On l’aura compris, cette refondation de la coopération internationale et de l’Union européenne doit reposer sur le principe de subsidiarité. Le Cercle des économistes est persuadé qu’elle ne peut réussir que si elle s’appuie sur les souverainetés nationales, trop souvent oubliées, et si elle sert leur exercice.

L’exercice de la souveraineté nationale est par définition proactif, politique et responsable. Pour ce qui concerne la France, le Cercle propose de revitaliser notre souveraineté en réformant le contrat de travail afin de le rendre plus souple que le CDI et plus protecteur que le CDD, en réformant la fiscalité de façon à ce qu’elle incite à l’épargne longue, à la prise de risque et à l’initiative entrepreneuriale, en donnant la priorité aux politiques d’éducation et de formation qui servent l’intégration économique et sociale, en instaurant une obligation d’évaluation des politiques publiques. Le Cercle des économistes est convaincu que cette complémentarité entre coopération internationale, Union européenne et souveraineté nationale est la clé de l’avenir des nations européennes.

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