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Pourquoi Amazon surperforme à la bourse de New-York ?

Le géant de la distribution en ligne Amazon a franchi récemment le seuil symbolique des 1 000 dollars l’action à Wall Street. Une première qui confirme la fulgurante ascension et la réussite de la mutation du groupe de Seattle né il y a vingt ans. Dominique Roux explique pourquoi ce succès est loin d’avoir atteint son apogée.

Celui qui, en 1997 aurait acheté, par exemple, pour 1 000 dollars d’actions Amazon, au cours de l’époque à 18 dollars, posséderait aujourd’hui un peu plus d’un million de dollars ! Le cours a franchi la semaine dernière les 1 000 dollars (1006 exactement). En vingt ans, ce titre a été multiplié par 600 et ce n’est pas fini…

Amazon est à présent le leader mondial du commerce en ligne, 200 millions de visiteurs chaque mois sur ses sites, des centaines de produits référencés, une capitalisation boursière de 470 milliards de dollars, près de 20 fois Carrefour ou 300 fois la FNAC, et un chiffre d’affaires de 130 milliards de dollars, sans oublier une croissance annuelle de plus de 20%. Tous ces chiffres donnent un peu le vertige.

L’avenir s’annonce rose, d’une part parce que les consommateurs ont de moins en moins de réticence à utiliser ce mode de distribution, et d’autre part parce que réseaux et terminaux sont de plus en plus performants. Du Nord au Sud, le e-commerce est aujourd’hui plébiscité. Le numérique envahit tous nos modes de consommation et de production, ce mouvement semble d’ailleurs irréversible, tiré par la génération millenium qui le considère comme naturel.

Amazon a donc, du moins à court terme, de beaux jours devant elle. Cette entreprise va continuer à bouleverser la distribution dans son ensemble. Compte tenu des volumes d’objets qu’elle traite, elle peut, en outre, diminuer très sensiblement les coûts d’acheminement de ses produits, car dans le domaine de la logistique, les frais fixes étant très élevés, ce sont les volumes transportés qui permettent de dégager des marges. Amazon, par exemple, représente à elle seule 20% des flux acheminés par la Poste en France et il n’est pas improbable qu’elle crée à terme sa propre organisation de distribution. Certains pensent que pour compléter son réseau, Amazon se lancera aussi dans l’installation de boutiques.

Dans cette entreprise l’innovation est continue, aussi bien dans les services proposés que dans l’organisation du travail, elle vient ainsi bouleverser les méthodes de la grande distribution traditionnelle. Amazon poursuit d’ailleurs sa diversification avec, entre autres, Alexa, la star du dernier CES de Las Vegas qui apporte une dose d’intelligence artificielle dans différents produits domestiques (machines à laver, réfrigérateurs, etc.), dans le Cloud avec sa filiale AWS, avec Amazon video concurrente de Netflix, etc.

Avec Apple, Facebook et Alphabet (le conglomérat boursier de Google depuis 2015), Amazon fait à présent partie des quatre grands d’internet et est entrée dans le Top dix des plus grandes capitalisations boursières mondiales.

Certes, quelques problèmes restent encore à régler, dont la question de son imposition fiscale en particulier en Europe, la concurrence de nouveaux venus comme le chinois Alibaba mais qui restent encore négligeable.

Il ne faut pas oublier qu’Amazon est à présent rentable avec 2,25 milliards de dollars en 2016, c’est pourquoi on peut penser que le miracle ne devrait pas s’arrêter de si tôt.

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