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Accords de Bâle III, un répit pour les banques

Jean-Claude Trichet, le président de la Banque Centrale Européenne, lors de sa conférence de presse mensuelle à Francfort, le 4 mars 2010

Jean-Claude Trichet, le président de la Banque Centrale Européenne, lors de sa conférence de presse mensuelle à Francfort, le 4 mars 2010

Moins de pression. Le Comité de Bâle vient d’alléger les règles que les banques devront appliquer pour éviter une nouvelle crise financière. Il est demandé aux établissements financiers d’avoir en caisse plus d’argent qu’ils n’en prêtent. Ces ‘’ratios de liquidité’’ s’élèvent désormais en moyenne à quelque 125 % des sommes prêtées. Pour que les banques puissent disposer de tels montants, le Comité de Bâle a élargi la liste des produits financiers que l’établissement peut revendre rapidement en cas de coup dur. Outre les emprunts d’Etat, ces ‘’actifs liquides’’ s’élargissent désormais à certaines actions ou obligations d’entreprises bien notées.

Satisfaction. « Cet ajustement est salué par les banques car il va leur éviter autant que possible d’aller chercher de l’argent sur les marchés pour répondre aux critères de sécurité », analyse Jean-Paul POLLIN. Deuxième axe décidé par les Sages : accorder aux banques plus de temps pour constituer ces réserves. Le couperet qui devait tomber en 2015 est reporté à 2019. « Manifestement, les membres du Comité se sont aperçu qu’ils avaient placé la barre trop haut », reconnaît l’économiste.

Soutien à la croissance. Le Comité de Bâle explique ces ajustements par souci d’aider les banques à soutenir la reprise. Sera-ce réellement le cas et quelles conséquences concrètes pour les particuliers ? Selon Jean-Paul POLLIN, « désormais, la menace d’un ‘’crédit crunsh’’ est écartée. « Le réel problème du crédit aujourd’hui c’est la demande qui fait défaut. Le peu d’emprunts souscrits s’explique par le ralentissement économique. Les entrepreneurs attendent des jours meilleurs pour prendre le risque d’emprunter », souligne l’économiste, Professeur à l’Université d’Orléans. Et Jean-Paul POLLIN de relève la morale de l’histoire : « non, le régulateur n’a pas abdiqué devant la pression des banquiers. Mais ces derniers ont désormais les coudées franches ». Autrement dit, la balle est dans leur camp. On observera donc de très près la capacité des banques à soutenir la reprise dans les prochains mois.

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