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Alstom : l’erreur des élites

Alstom GEDernière ligne droite. L’épilogue du feuilleton sur l’avenir d’Alstom approche. Qui de General Electric ou de l’alliance Siemens Mitsubishi remportera la mise ? Réponse dans les prochains jours. Selon Christian SAINT-ETIENNE, « ce qui est important pour la France, c’est de garder un acteur stratégique. L’Etat a réussi à le faire avec Peugeot, mais en prenant une place au capital au côté du chinois Dongfeng ». Et l’économiste de préciser : « si GE prend la majorité d’Alstom Power, il faudrait, idéalement, que l’Etat prenne une minorité de blocage à ses côtés pour sécuriser sur le territoire national le triptyque centres de décision, innovation et production ».

Priorité à l’emploi. Elysée et Matignon placent la question de l’emploi au cœur de l’opération. De fait, quelle serait la meilleure option à ce niveau ? Une union d’Alstom avec General Electric ou avec Siemens ? « C’est vers GE qu’il faut aller », tranche Christian SAINT-ETIENNE. Et l’économiste de poursuivre : «  il y a beaucoup plus de recouvrement entre les activités de Siemens et d’Alstom, ce qui menace plusieurs milliers d’emplois ». Dès lors, que penser de l’offre de Siemens qui assure prendre l’engagement de maintenir l’emploi ? Christian SAINT-ETIENNE constate que « généralement, ce genre de promesses ne dure que la durée des engagements ».

GE par défaut. Si l’offre américaine semble plus logique sur le papier, il n’en demeure pas moins que, dans le cas d’une victoire de General Electric, « Alstom Energie ne pourra pas décider d’investissements ou de diversifications futures sans l’accord des actionnaires américains  », insiste Christian SAINT-ETIENNE, qui n’hésite pas à dénoncer les mauvais choix stratégiques passés : « l’erreur commise par nos élites dirigeantes entre 1996 et 2002 a été de confondre le passage de la deuxième à troisième révolution industrielle avec l’entrée dans un monde post-industriel ». Selon le titulaire de la chaire d’économie industrielle au Conservatoire National des Arts et Métiers, la vente d’Alstom est donc le constat de la « vision fausse qui gouverne la France  » depuis la fin des années 90. Une autre lecture de ce dossier industriel.

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