Personne n’est devin dans les circonstances actuelles. Par ailleurs, cet article est écrit le mercredi 4 mars 2026 à 15h et beaucoup de choses peuvent arriver avant sa publication. Pour Christian Saint-Etienne, trois scénarios sont envisageables à date.
Scénario 1 : un conflit court et un retour progressif à la normale
La guerre dure environ un mois. Elle fait intervenir à titre principal « que » les Etats-Unis et Israël, plus les pays du Golfe persique touchés par des drones ou missiles iraniens, d’un côté. Et l’Iran seul de l’autre. Hypothèse : à l’issue de ce scénario, l’Iran est affaibli. Le détroit d’Ormuz reste ouvert. Les prix du pétrole et du gaz reviennent vers leurs niveaux antérieurs. Les Bourses reviennent progressivement à leurs niveaux de fin février 2026. Toutefois, les valeurs Défense restent à un niveau significatif selon la durabilité de ce scénario. L’impact sur l’activité de l’Europe et de l’Amérique du Nord est réduit en termes de croissance et de balance commerciale.
À terme, si l’Iran ne peut plus aider la Russie, un arrêt des hostilités en Ukraine devient envisageable. Cela pourrait intervenir à l’issue de négociations qui ne seraient pas interminables. L’éventuelle levée des sanctions sur la Russie serait un boost considérable pour la croissance de l’Union européenne, du Royaume-Uni et de la Suisse. Dans ce scénario augmenté, la croissance UE-RUS rebondit en 2026-2027 et les marchés financiers européens surperforment alors les marchés américains.
Scénario 2 : une guerre plus longue et un choc économique pour l’Europe
La guerre dure trois mois. Le pétrole se maintient autour de 100 dollars le baril. Plusieurs avions et bateaux américains et israéliens sont détruits, tandis que le détroit d’Ormuz devient impraticable pendant plusieurs semaines. La croissance européenne est alors durement affectée. L’activité stagne pendant deux ou trois trimestres. Les profits anticipés déçoivent. L’Europe apparaît plus que jamais comme un appendice de plus en plus impuissant des Etats-Unis. Les Bourses peuvent se replier jusqu’à 15 % par rapport aux niveaux du 27 février. Dans le même temps, la guerre entre la Russie et l’Ukraine s’intensifie. La Russie profite de l’attention internationale portée sur le Moyen-Orient pour organiser des frappes d’une totale violence sur Kiev. Kiev est KO debout et un effondrement militaire de l’Ukraine devient possible. L’Union européenne est alors aux abois.
Scénario 3 : un embrasement géopolitique mondial
La guerre dérape. La Russie s’en mêle et la Chine commence à signaler son extrême irritation. Les pays du Golfe subissent des destructions considérables. Les prix du pétrole et du gaz atteignent des niveaux insupportables, l’activité européenne plonge et les Bourses chutent de 30% à 40%. À ce stade, personne ne peut anticiper ce qu’il adviendra dans les prochaines semaines. Le premier scénario pourrait se renforcer avant la fin mars s’il n’y a pas de dérapage majeur.
En ce qui concerne l’Iran, l’effondrement du régime reste donc improbable à ce jour. En revanche, une fois la phase active de la guerre terminée, la pression du peuple iranien devrait s’amplifier. Celui-ci demandera des comptes au régime.
