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Municipalités : Des défis considérables à surmonter

Devanture mairie avec un drapeau français

À l’approche des élections municipales, Alain Trannoy analyse les défis des municipalités. Finances publiques, climat, sécurité, logement : le prochain mandat s’annonce décisif.

Les élections municipales à venir sont importantes à plus d’un titre. D’abord comme test démocratique. La démocratie française est vivante grâce aux délibérations des 35 000 conseils municipaux. On critique la fragmentation du territoire en autant de communes. Pourtant, cette respiration démocratique à une maille aussi fine est sans équivalent en Europe. La France représente 38 % du total de communes de l’Union européenne. La taille trop faible de beaucoup de communes est maintenant compensée par le maillage du territoire français. Ce dernier compte 1 254 intercommunalités dont les élus proviennent des conseils municipaux des communes membres.

Le maire reste l’élu de proximité, justement en raison de ce maillage fin. Son image demeure bien meilleure que celle des élus nationaux. L’échelon de base de la démocratie française reste solide. C’est un héritage de la IIIe République, qui en a posé les principaux jalons.

Une situation financière globalement solide

Les élections constituent également une opération de vérité pour les finances publiques communales. Les listes concurrentes scrutent les équipes en place. Selon la Cour des comptes, la situation financière reste globalement bonne. Une exception toutefois : la capitale. Bien que Paris soit la ville la plus riche du pays, ses finances se sont spectaculairement dégradées, comme l’a établi l’Institut Montaigne. Quelle que soit l’équipe élue au soir du second tour, un tour de vis important devra être programmé.

Le bon bilan global résulte sans doute des règles d’équilibre budgétaire. Contrairement à l’État, les collectivités ne peuvent pas emprunter pour financer des charges de fonctionnement, intérêts de la dette compris. Elles ne peuvent pas non plus emprunter pour rembourser leurs dettes. On peut discuter de l’intérêt d’étendre une telle règle à l’État, qui reste en quelque sorte le prêteur en dernier ressort de toutes les collectivités publiques. En revanche, il est difficilement compréhensible que cette règle ne s’applique pas au budget de la Sécurité sociale.

Quatre défis majeurs pour le prochain mandat

Ceci dit, des nuages se profilent à l’horizon et des promesses inconsidérées ne sont pas de mise. Le bloc communal devra affronter quatre défis au cours du prochain mandat.

D’abord, la participation des collectivités au redressement des finances publiques reste à concrétiser. L’État devra nécessairement réduire sa participation aux dépenses du bloc communal.

Ensuite, celui-ci devra provisionner des dépenses pour l’adaptation au changement climatique. La protection contre les ravages de l’eau, qu’elle soit douce ou salée, peut entraîner de grosses dépenses, tandis que la végétalisation des centres-villes des métropoles est indispensable pour contrer les îlots de chaleur.

Le souci sécuritaire est devenu, dans les villes, la première préoccupation des électeurs. Les polices municipales et les caméras de surveillance promises vont gonfler le budget de sécurité. Marseille y consacre déjà 14 % de son budget de fonctionnement.

Le dernier défi concerne le logement. Si le sauvetage de copropriétés dégradées reste une source de solutions onéreuses pour les deniers publics, ce n’est pas le seul dossier chaud du moment. L’encadrement des loyers ne constitue qu’un anti-inflammatoire. La vraie question en sorte urbaine tendue est celle de la mobilisation des logements vacants et de la libération d’un foncier abordable qui appelle à des solutions imaginatives.

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