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Avenir de la France : entre réformes et pédagogie.

Comission européenne sanctionsTemps perdu. Présenté en Conseil des ministres le 1er octobre 2014, le projet de loi de finances 2015 est loin de convaincre les observateurs économiques, visiblement encore moins les scrutateurs bruxellois. Va-t-on vers un rejet du budget de la France par la Commission européenne ? Le sujet est sur toutes les lèvres. Pour Philippe AGHION, « il est urgent de mettre en chantier des réformes structurelles d’envergure ». En septembre déjà, dans un entretien au journal Libération, le Professeur d’économie à Harvard déclarait que « nous avons perdu deux ans. Nous avons besoin de ces réformes pour endiguer la désindustrialisation, mettre fin au déficit commercial et à l’investissement en berne ». Ce n’est pas faute d’avoir martelé le message auprès de l’Elysée.

Big-bang à plusieurs étages. A quoi peut – et doit – ressembler cette réforme d’envergure ? Philippe AGHION dégage trois pistes principales : « d’abord une véritable réforme territoriale de l’Etat. Deuxièmement : modifier en profondeur les marchés des biens et services en s’attaquant aux rentes anticoncurrentielles. Enfin, un big-bang social où les partenaires sociaux se mettent d’accord sur le périmètre du droit social public garanti par l’Etat  ». Ceci pour la sphère publique. Pour le reste, « tout ce qui ne relève pas de ce périmètre doit être négocié au niveau des entreprises », estime l’économiste. Le principe de flexibilité n’est pas très loin.

L’offre plutôt que la demande. Philippe AGHION en est convaincu : ceux qui pensent que l’on relancera l’économie en favorisant uniquement la demande se trompent. Selon l’économiste, « le faire sans la moindre réforme structurelle, tant sur le marché des biens et services que sur celui de la formation professionnelle par exemple, c’est favoriser l’importation de produits étrangers qui restent plus compétitifs que les nôtres ». Mais dans un contexte de croissance proche de zéro, difficile de manœuvrer en toute liberté. La Commission européenne veille au grain. C’est pourquoi « le gouvernement doit d’abord négocier avec Bruxelles, dire clairement qu’il fera des réformes structurelles en échange d’un report de réduction du déficit à 3% en 2017  », assure Philippe AGHION. Selon ce proche de François Hollande, rien ne se fera sans pédagogie gouvernementale. Il faut montrer que les réformes structurelles peuvent être réellement compatibles avec une vision de gauche.

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