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Baisse de la notation de la France, un non événement. Mais…

Patrick Artus

Patrick Artus

Sans conséquences. Vendredi 8 novembre, l’agence de notation Standard and Poor’s a dégradé la note de la France, la ramenant de AA+ avec perspective négative, à double A avec perspective stable. Depuis, Paris continue d’emprunter sur les marchés sans difficultés. Les taux ont même baissé (2,22% sur le 10 ans). « Les investisseurs internationaux et les grandes banques centrales qui achètent des obligations d’Etats européens optent surtout pour des obligations françaises et allemandes. Renoncer à la France voudrait dire acheter uniquement de l’Allemagne. Il faudrait vraiment une catastrophe économique ou politique en France pour que les investisseurs mettent tout dans le même panier allemand », analyse Patrick ARTUS.

Jugement partial ? Selon l’économiste, le message de Standard & Poor’s est plus technique que politique. La croissance attendue pour les cinq prochaines années va aider à réduire le déficit public beaucoup moins que ce que dit le gouvernement. Si l’on s’en tient au point de vue strictement technique des analyses comparatives internationales, AA n’est pas une mauvaise note. Patrick ARTUS estime que « du point de vue budgétaire, la France va plutôt mieux que la Grande-Bretagne. Sans doute pas plus mal que les Etats-Unis ». Mais le directeur des études de Natixis de poursuivre : « il y a certainement un biais anglo-saxon dans l’analyse de S&P. Je crois que c’est cela que l’on peut critiquer  ».

Message en creux. Sans s’effrayer des conséquences de la révision de la note par Standard and Poor’s, le gouvernement français doit tenir compte du message délivré. Matignon et Bercy devraient mieux considérer les perspectives budgétaires de moyen terme. « Le problème de la France est de faire très peu de progrès techniques et de productivité. Or, ce sont des mécanismes très lourds, qui mettent du temps à évoluer  », estime Patrick ARTUS. « Il faudrait avoir un plan budgétaire qui tienne compte du risque d’une croissance plus faible. C’est le vrai et sérieux message de S&P », selon l’économiste. A bon entendeur salut.

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